Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 100. Pour marquer ce chiffre rond, les articles de ce n°, personnels, puisque tous signés du petit diable, portent sur les grands thèmes de VendrEDI.
 
Et merci à tous les lecteurs dont la fidélité a permis d'atteindre cette durée dans la diffusion ! Aujourd'hui, sur près de 2000 destinataires, environ 330 sont fidèles depuis 1999-2000, 350 se sont abonnés en 2001-2002 et 560 en 2003-2004. Enfin 750 environ ont été abonnés en 2005.
 
Les nouveaux abonnés dépassent régulièrement les suppressions dues, soit à trois retours consécutifs comme undeliverables, soit aux quelques désabonnements pour changements d'affectation, départs à la retraite etc.
 
Sur les quelques 2000 abonnés d'aujourd'hui, près de 17 % font partie d'institutions internationales ou sont Belges, Québécois, Tunisiens, Suisses, Marocains et autres francophones (notamment une suédoise, une russe et une syrienne) sans oublier quelques anglophones.
 
Parmi les abonnements provenant de France, la moitié à peu près comportait dans l'adresse des informations sur le secteur d'activité. D'où la ventilation suivante :
 
Offreurs et SSII :                                      37 %
Secteur public et étudiants:                        20 %
Communautés EDI, CCI et associations :  10 %
 
Les 33 % restant se répartissant comme suit par secteurs : Transport 10 %, Industrie 9 %, mais aussi Banque et Santé 4 % chacun, Experts-comptables 3 %, sans oublier la Distribution 2 % et la Construction 1 %.
 
Donc une distribution ne reflétant pas l'importance économique des secteurs mais plutôt l'intérêt porté aux thèmes de VendrEDI, et surtout les adresses d'abonnés potentiels qui me sont parvenues...
 
Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 
 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 100     14 octobre 2005
    Sens commun :
  Back to the future  
      Semantic Web + Services Web
  pour le Cefact-Onu et ebXML
Le programme IST de la Commission européenne comporte un projet WS2 (Web Services and Semantics) qui cherche à rattraper, au niveau sémantique, le retard européen pris pour les logiciels des Services Web (SW). Ce projet WS2 a financé une Conférence organisée en juin dernier, à Innsbruck, par le Semantic Web Services Interest Group du W3C qui cherche lui-même à ne pas être distancé par Oasis en matière de standardisation des SW. Il s'agissait à Innsbruck de vérifier ce que les outils du Semantic Web, RDF et OWL, pouvaient apporter à la sémantique des SW en enrichis-sant ses outils de base, SOAP, WSDL et UDDI.
On peut d'ailleurs espérer une convergence promet-teuse entre le "stock" et le "flux" des données du Web, deux domaines et techniques qui doivent être complémentaires. D'une part le Semantic Web permettant la description du "sens" du "stock" des innombrables pages Web, en allant au-delà des simples mots-clés qui ne sont que des caractères sans aucun "sens". D'autre part le "flux" des messages automatisés d'application à application, si l'on veut que leur "sens" n'ait pas à être défini au préalable, comme pour le niveau des codes dans les accords d'interchange de l'EDI pour chaque Communauté d'échanges.
Le programme d'Innsbruck alliait exposés théoriques et études de cas en partant des technologies proposées ou en cours de définition : WSMO (cf. VendrEDI n°96), Web-Service Se-mantics (WSDL-S), OWL-S (cf. VendrEDI n°87), First-Order Ontology for Semantic Web-Services (FLOWS) ou Siemens’ Service Description Refe-rence Model (SDRM). Entre autres...
La difficulté est notamment de distinguer ce qui doit être standardisé, métadonnées et outils pour le rapprochement des ontologies, et ce qui peut rester foisonnant. Autre difficulté, concilier l'approche parfois théorique du Semantic Web et les soucis concrets d'une sémantique business de mise en oeuvre des SW.
Sans oublier un autre effort du W3C, la "locali-sation" pour s'adapter aux "coutumes" locales, ce qui inclue une sémantique english enrichie (cf. VendrEDI n°95) par le multilinguisme des langages métiers.
 
L'été 2005 a vu la résurgence, au Cefact-Onu, du débat récurrent depuis les années 1990 sur la réalité de la synergie affichée entre trade facilitation d'une part et d'autre part EDI, puis e-business. Un rapport d'audit de l'Onu New-York préconise ainsi de séparer deux domaines dont la partie aliquote commune est très minoritaire et qui se seraient bien mieux développés en devenant autonomes. C'était déjà, en 1990, l'opinion de la délégation française à la CEE-Onu de Genève : elle préconisait alors la migration de l'EDI à l'ISO. Ce qui a été perçu comme une trahison par les autres délégations à la CEE-Onu. Prévisible...ecce homo !
Il y a quelques années, constatant le schisme entre ebXML et les Services Web (SW), le Cefact-Onu  s'est rapproché de Microsoft pour proposer le BCF (Business Collaboration Framework) qui aurait permis de mieux articuler tous ensemble, outils de la trade facilitation, EDI classique en Edifact, ebXML et SW (cf. VendrEDI n°80 et n°84). Avec le SBDH, Standard Business Document Header.
Devant une telle abominable alliance avec le diable, nouvelle levée de boucliers des délégations conser-vatrices et retour au status quo. Avec changement de l'équipe dirigeante du Cefact-Onu et départ sur la pointe des pieds de Microsoft. Avec, en prime, le rapport d'audit de l'Onu New-York !
En attendant les suites éventuelles de cet audit, le monde Edifact mise toujours sur un rebond avec le sang neuf ebXML. Mais pour les uns, ebXML s'implante massivement, alors que pour les autres on en entend de moins en moins parler ! Parce qu'on parle peu des trains qui arrivent à l'heure ?  A l'inverse, la très forte influence des francophones au Cefact-Onu n'est peut-être pas l'indice d'un très fort intérêt des utilisateurs mondiaux anglophones !
Quant à ebXML, s'il ne prétend plus couvrir à lui seul, comme prévu, tout l'e-business, c'est peut-être enfin un signe de réalisme et d'efficacité (cf. l'article registry page 2). A la réunion mondiale des experts du Cefact, le Forum, le mois dernier à Lyon, d'une part SAP a remplacé Microsoft ; d'autre part, c'est la simple possibilité pour les concurrents (UBL) ou langages sectoriels (GS1ou XBRL) d'uti-liser les Core Components, outil ebXML de base, qui était célébrée.
 
Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

    L'intégration en SO
 
  Le registry SOA : 
   de la SOA au Grid et aux BP
 
    UDDI + ebXML registry ?
Depuis ses origines, l'informatique a progressé en direction de l'intégration et de l'interopérabilité : standardisation, modélisation, modules réutilisables, puis Object Oriented (OO) d'abord à l'intérieur des SI, puis entre SI avec le développement des échanges électroniques de données inter-entreprises ou organisations. Maintenant, le concept général pour l'intégration sur le Web est celui de "service" : d'où le SO (Service Oriented), devant remplacer le OO, ou le CO (Component Oriented) qui est un OO basé sur des "super-objets". D'où l'ESB et la SOA(Service Oriented Architecture) dans le SI interne. D'où aussi l'échange de "services" dans le cadre d'un scénario, ou business process, entre des entreprises "étendues". D'où aussi une plus grande souplesse pour articuler l'évolution des applications et des plates-formes qui n'évoluent pas forcément de manière coordonnée. D'où enfin le Grid, réseau de "services" rendus pour le partage des ressources informatiques entre entreprises afin d'étaler des pics de consommation. Toutes ces formes d'intégration peuvent utiliser les outils des Services Web (SW), surtout SOAP, mais aussi WSDL.
Sans être encore passé dans les mœurs, le SO se mettra d'autant plus facilement en oeuvre qu'il reprend pas mal du OO. Mais quelle est alors la différence entre un "objet" et un "service" ? Un objet est lié à un environnement de programmation (Java etc.) et est accessible à l'intérieur d'un processus. Le "service" est remotely accessed et n'est pas spécifique à un environnement de pro-grammation. La granularité est moins fine dans un service, ce qui nécessite moins de messages pour compléter une transaction. Et l'intégration est basée sur les messages des SW plutôt que sur du code, loosely coupled assurant la souplesse permettant de suivre l'évolution des business process. En partant de la modélisation des business process pour l'intégrer comme matériau du SO. Allant dans ce sens,  IBM et SAP proposent BPEL4People, une extension de WS-BPEL "for people", pour que, dans l'exécution d'un business scenario, une application puisse repasser la main à l'utilisateur.
Au total, ce qui est donc en vue est fondamental et attendu depuis les débuts de l'informatique : passer du niveau IT au niveau des business process, c'est à dire faire en sorte que l'intégration ne soit plus seulement une affaire de techniciens avec leurs tuyaux, protocoles et formats, mais soit au "service" des "fonctionnels", responsables de leurs processus-métiers.
 
Pour une discovery pas trop compliquée d'un service sur le Web, Web-Discovery devrait suffire à compléter UDDI (cf. VendrEDI n°94), sans besoin de recourir à ebXML Registry.
Par contre, ebXML Registry pourrait bien être indiqué afin d'affiner la rusticité  d'UDDI, face à la complexité croissante de la SOA et du registre de services autour duquel elle doit être progressivement construite. Il n'est pas surprenant que ce soit, en tout cas,  l'avis du groupe d'Oasis qui a approuvé ebXML Registry v3.0 comme standard... A noter qu'un autre groupe d'Oasis a, lui aussi, adopté comme standard UDDI version 3.0.2 ! Sans qu'il y ait de liaison entre les deux groupes d'Oasis, vérita-ble auberge espagnole ! Aujourd'hui, l'avantage de l'ebXML Registry sur UDDI est qu'il inclue les données de governance des Services Web (SW) dont a besoin la SOA. Avantage réel qui remplace l'ambition d'origine du framework ebXML de ne pas se contenter (cf. VendrEDI n°73) comme UDDI de la description des services du CPP (Collaboration Partnership Profile) mais aider à la conclusion d'un Agreement entre partenaires, le CPA. Ambition qui s'est révélée illusoire, en dehors de Communautés déjà constituées.
Comme pour ebMS2 (cf. VendrEDI n°98), il y aurait alors un paradoxe à voir des outils ebXML, abandonnant la perspective d'une mise en place du framework prévu à l'origine, se reconvertir au service du framework concurrent, les SW.
Mais, à part Sun et sa Pragmatic SOA qui inclue une offre combinée ebXML-UDDI, la plupart des offreurs de plates-formes SOA s'en tiennent toujours à UDDI seul : c'est le cas de Systinet comme de BEA, IBM ou Microsoft. Même Oracle, longtemps soutien d'ebXML, vient de passer, de même que BEA, un accord avec Systinet, qui est le spécialiste de l'utilisation d'un UDDI amélioré (cf. VendrEDI n°91) pour la gestion d'une SOA interne couvrant l'ensemble du SI.
La perspective d'extension de l'e-business B2B automatisé n'est donc pas celle d'un registry-repository public, type CPP-CPA d'ebXML, mais, plus modestement,  celle des registres UDDI ou ebXML pour la SOA interne qui s'articuleront prudemment, en bottom up, avec ceux des partenaires de business. L'accord sur les services à échanger et leur automatisation restant, pour l'essentiel, human, comme l'était l'accord d'interchange des Communautés de l'EDI traditionnel en Edifact.
Ce numéro 100 de VendrEDI a été adressé à 1993 abonnés      Pour écrire    
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