| VendrEDI | ![]() |
lettre de Claude Chiaramonti | ||
| en deuil avec les
peuples irakien américain et anglais | ||||
| Numéro 61 4 avril 2003 | ||||
| Normes ISO TC 154 |
Divorce ebXML
? | |
| pour le contenu de l'e-business |
Gué-guerre
Oasis-Cefact-Onu ! |
|
Le Comité technique n° 154 de l'ISO
est en charge de la normalisation des "Processes, data elements
and documents in commerce, industry and
admi-nistration", c'est à dire tout le contenu
"métier" de l'e-business. Par exemple, les normes sur
les représentations des dates, des heures etc.
relèvent du TC 154, de même que, en commun avec le
Cefact, la syntaxe et le vocabulaire Edifact-Onu.
Le
TC
154 est présidé par François Vuilleumier,
des Douanes Suisses, expert de toujours de la trade
facilitation et de l'EDI. Il a eu besoin de toute sa
diplomatie pour gérer l'annulation du vote sur la
normalisation des spécs d'ebXML, lors de la
dernière réunion du TC 154 en mars 2003 à San
Diégo (cf ci-contre). Heureusement, cette réunion a connu
par ailleurs des conclusions plus positives !
Ainsi, à l'occasion de la mise
à jour de la norme du vocabulaire Edifact
(
UN/TDED et ISO 7372 datant de 1993), a
été bien entamé l'enregistrement des
différents Core Components en cours d'adoption pour
obtenir une référence du vocabulaire de l'e-business. A
noter que le recours à l'outil
BSR
d'origine française permet au TC 154 de travailler dans un
environnement multilingue.
Cette mise à jour tardive de l'ISO
7372 (certains s'en contentent comme elle est,
et beaucoup s'en désintéressent) peut ouvrir de
grandes perspectives au TC 154 s'il parvient à ne pas se
cantonner à Edifact-Ansi X12 et à leur suite en
ebXML. C'est, en effet, d'une part tout le foisonnement
sémantique des langages sectoriels XML, d'autre part les
assertions RDF qui seront utilisées en Web Services
par WSDL et qui participeront bientôt au contenu
métier de l'e-business. Sans oublier les probables
registres de namespaces.
Le groupe de travail Semantic Tool
(BSR) du TC 154 s'était positionné, avant même le
lancement d'ebXML, pour l'enregistrement de cette
sémantique bottom up non limitée à un
framework irréaliste. Une nouvelle pierre de
Rosette multilingue et non une uniformisation
réductrice. Les consortiums ayant pris en mains la
standardisation des protocoles du contenant, il resterait ainsi
à l'ISO et à son TC 154 la normalisation d'un contenu
ouvert de l'information age. Et le contenu est bien le but
! |
Microsoft et IBM ont déclaré qu'ils se passeront des
instances de standardisation si elles n'accélèrent pas
leurs procédures. Et ce n'est pas la gué-guerre
entre Oasis et le Cefact sur la normalisation d'ebXML qui va les
faire changer d'avis !
Oasis avait soumis à l'ISO les six spécifications
d'ebXML dont il a la charge pour leur normalisation par une
procédure fast-track. Mais le Cefact-Onu, ayant
gardé la charge de la sémantique d'ebXML, les
Business Process (BP) et les Core
Compo-nents (CC), ses hauts représentants ont obtenu
du secrétariat général de l'ISO que cette
procédure de normalisation rapide soit retirée ! C'est
vrai que normaliser le contenant sans dire un mot du contenu
était à la limite des compétences du TC
154...
Mais il s'agissait pour Oasis, et notamment Sun,
d'occuper le terrain avec un ebXML normalisé, face à la
pression de Microsoft, IBM et leurs alliés qui espèrent
bien que leurs spécifications pour la mise en oeuvre des
Web Services vont devenir rapidement des standards de
facto sur quoi baser l'interopérabilité de
l'e-business.
Devant cette valse-hésitation, on peut se demander
si le Cefact-Onu soutient encore ebXML : Klaus Naujok (le
"Kaiser") persiste (cf VendrEDI n° 50) à trouver que
la spécification de la sémantique n'est pas tout
à fait exactement assez conforme à sa méthodologie
de modélisation UMM !
Cela va donc encore retarder l'adoption des CC alors
qu'au sein du Cefact-Onu et ailleurs, les groupes sectoriels,
commerce, banque, transport etc. définissent leur
sémantique et qu'il faut agréger ces définitions.
Théoriquement les doubles emplois devraient pouvoir être
évités en explicitant, pour chaque Core
Component largement utilisé, tous ses
différents contexts sectoriels et
géographiques.
Quatre ans après son lancement, le framework
ebXML
complet n'est donc pas encore pour demain ! Plutôt que de
s'obstiner dans cette démarche top
down, peut-être vaudrait-il mieux laisser
Oasis et le Cefact-Onu divorcer en confirmant la garde
séparée des e nfants, spéci-fications techniques à l'un,
sémantique à l'autre. Cela faciliterait la normalisation
du messaging d'ebXML déjà utilisé
! |
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Pour que "le message passe" il faut bien être d'accord sur le sens des données à transmettre |
| Microsoft et WS : |
Core Components : | |
|
java-vache dans les standards ! |
|
sectoriels ou universels
? |
|
En matière de standards, il y a pire que
la valse-hésitation sur ebXML entre Oasis et le Cefact ! Les
standards des Web Services (WS) donnent le spectacle d'une
java-vache pleine de croche-pieds entre Microsoft et Sun au W3C, au
WS-I et encore une fois à Oasis. Un pas en avant : Sun a
été élu pour deux ans (et webMethods pour un an) au
Board du
WS-I
où Microsoft et ses alliés ont un siége
permanent. Un pas en arrière : Microsoft s'est
retiré du nouveau groupe de travail du W3C sur la
choreography des Web Services, dès
après avoir surpris en participant en observateur à sa
première réunion ! S'estompe l'espoir de voir le W3C
parvenir à réconcilier BPEL4WS de Microsoft, IBM et
BEA d'un côté et de l'autre BPML (de WSCI) que
conduit Sun (avec notamment BEA) à Oasis et qui est soumis au
W3C.
Même schisme persistant en matière
de reliability des Web Services, évitant par exemple
l'omission ou la répétition de messages : malgré
WS-Reliability de Sun et autres, projet
présenté en février à
Oasis,
WS-ReliableMessaging et.
WS-Adressing ont été publiés en
mars. Ces propositions concur-rentes et plus ambitieuses de
Microsoft, IBM, BEA et TIBCO, en chantier depuis un
an, étant aussi justifiées par le fait
d'être en ligne avec BPEL4WS et leurs
précédentes spécifications de
sécurité et leur roadmap d'ensemble
(cf VendrEDI n° 60).
Quel est l'enjeu sous-jacent ?
Voir BPEL4WS et le set
de sécurité finir par devenir des
standards de facto, ne serait-ce que grâce aux seules
clientèles de ses promoteurs et de leurs alliés qui
assureraient une diffusion suffisante aux produits qui y seront
conformes ! Sans oublier que Microsoft n'a jamais déclaré
qu'il ne percevrait pas de droits sur BPEL4WS, contrairement à
SOAP, WSDL et UDDI qu'il a laissé libres pour créer le
marché !
Croc-en jambe désespéré : Sun
reproche à Micro-soft de faire accepter par ses produits tous
les schémas des utilisateurs conformes au XSD du W3C, alors
que Sun essaye de faire définir par Oasis un
XSD universel mettant tous les produits à
égalité, dont les siens. Sun craint, en effet, une
liaison directe entre produits propriétaires et utilisateurs,
en se passant de tout standard de contenu, qui conforterait
effectivement une position dominante de Microsoft et de ses
alliés. Certes !
Mais l'intérêt des utilisateurs,
concentrés sur leur coeur de métier, est aussi de s'en
tenir à leur schéma, bien adapté à leurs
besoins d'échanges. Là, Microsoft est bien en ligne avec
la floraison de langages métiers XML et de leurs
schémas ! |
L'expérience de l'EDI est instructive : sa
séman-tique "universelle" n'a en rien facilité les
échanges intersectoriels qui ne se sont pas
développés. Les assureurs, les commerçants, les
acteurs de justice, les acteurs de la santé etc. continuent
encore à échanger d'abord entre eux, avec juste
quelques rapprochements de proximité. Le fait d'avoir une
sémantique, non pas vraiment universelle, mais simplement
avec les codes de tout le monde entassés pèle-mêle
dans le même directory
TDID, n'a, en fait, profité qu'aux
fournisseurs, par exemple de traducteurs Edifact, qui ont
eu ainsi, potentiellement, un marché global
suffisant.
Ce sera sans doute un peu la même chose pour la
description des Web Services : avoir un vocabulaire
unique faciliterait certes la vie des développeurs qui auront
à décrire des services Web dans des domaines
différents puisqu'il faudra bien une sémantique pour
décrire les services et formuler questionnements et
réponses. Mais à quel niveau normaliser pour
qu'à service identique la description et le questionnement
soient les mêmes ? Faut-il vraiment une sémantique
universelle dans WSDL pour tous les Web Services
?
Du point de vue des utilisateurs quotidiens, les
invocations de Web Services resteront relatives à
leur coeur de métier. On ne voit pas un fabricant britannique
invoquer le service d'un transporteur routier US : il y aura de
multiples intermédiaires avec autant d'invocations de services
deux à deux. Et la sémantique de ces binômes
successifs aura alors varié sans que chacun ait
réellement besoin de comprendre, et encore moins de s'aligner
sur la sémantique de l'ensemble de la chaîne.
Qu'il s'agisse de l'EDI, des Web Services,
ou des modules d'échange des ERP, on peut alors se
demander quel serait l'intérêt pour
l'e-business d'adopter les Core Components
(CC) prévus dans ebXML. Certes, ils peuvent identifier
les mêmes concepts sous-jacents tout au long d'une
chaîne, en distinguant leurs différentes
spécificités par des
contexts sectoriels ou géographiques.
Mais qui acceptera demain d'abandonner son langage
métier ? Les multinationales ayant réussi à
imposer leur sémantique unifiée à leurs parte-naires
? Les secteurs mondiaux comme la banque, la douane,
la comptabilité ou le reporting, qui verraient leurs
spécificités ravalées au rang de simple
co
ntexts des CC ?En tout cas, avant de viser l'universel, des CC
bâtis sur les langages métiers de la francophonie
seraient une étape utile !
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