Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 61 pouvant être imprimé pour un meilleur confort de lecture (cocher pages 2 à 3).
 
Après le 11 septembre 2001, l'en-tête du n° de VendrEDI avait été modifié pour affirmer le "deuil avec les USA". Aujourd'hui cet en-tête affirme le "deuil avec les peuples irakien, américain et anglais".
 
Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Rappel pour les Parisiens :  le prochain rendez-vous sparklingPoint est le 10 avril à partir de 18h30. Orateurs : Claude Chiaramonti sur la floraison des langages métiers et la peur de Babel Oueb (expression utilisée par Michel Duperrier ;-) et Jean-Marc Vanel sur son projet XML de classification et identification en botanique.
Détails sur : http://xmlfr.org/sparklingpoint/networkg.html
Inscription : en précisant prénom, nom, société.
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 
 

 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 en deuil avec les peuples irakien
américain et anglais
        Numéro 61       4 avril 2003
  Normes ISO TC 154  
    Divorce ebXML ?
pour le contenu de l'e-business
Gué-guerre  Oasis-Cefact-Onu !
Le Comité technique n° 154 de l'ISO est en charge de la normalisation des "Processes, data elements and documents in commerce, industry and admi-nistration", c'est à dire tout le contenu "métier" de l'e-business. Par exemple, les normes sur les  représentations des dates, des heures etc. relèvent du TC 154, de même que, en commun avec le Cefact, la syntaxe et le vocabulaire Edifact-Onu.
Le TC 154 est présidé par François Vuilleumier, des Douanes Suisses, expert de toujours de la trade facilitation et de l'EDI. Il a eu besoin de toute sa diplomatie pour gérer l'annulation du vote sur la normalisation des spécs d'ebXML,  lors de la dernière réunion du TC 154 en mars 2003 à San Diégo (cf ci-contre). Heureusement, cette réunion a connu par ailleurs des conclusions plus positives !
Ainsi, à l'occasion de la mise à jour de la norme du vocabulaire Edifact ( UN/TDED et ISO 7372 datant de 1993), a été bien entamé l'enregistrement des différents Core Components en cours d'adoption pour obtenir une référence du vocabulaire de l'e-business. A noter que le recours à l'outil BSR d'origine française permet au TC 154 de travailler dans un environnement multilingue.
Cette mise à jour tardive de l'ISO 7372 (certains s'en contentent comme elle est, et beaucoup s'en désintéressent) peut ouvrir de grandes perspectives au TC 154 s'il parvient à ne pas se cantonner à Edifact-Ansi X12 et à leur suite en ebXML. C'est, en effet, d'une part tout le foisonnement sémantique des langages sectoriels XML, d'autre part les assertions RDF qui seront utilisées en Web Services par WSDL et qui participeront bientôt au contenu métier de l'e-business. Sans oublier les probables registres de namespaces.
Le groupe de travail Semantic Tool (BSR) du TC 154 s'était positionné, avant même le lancement d'ebXML, pour l'enregistrement de cette sémantique bottom up non limitée à un framework irréaliste. Une nouvelle pierre de Rosette multilingue et non une uniformisation réductrice. Les consortiums ayant pris en mains la standardisation des protocoles du contenant, il resterait ainsi à l'ISO et à son TC 154 la normalisation d'un contenu ouvert de l'information age. Et le contenu est bien le but !
 
Microsoft et IBM ont déclaré qu'ils se passeront des instances de standardisation si elles n'accélèrent pas leurs procédures. Et ce n'est pas la gué-guerre entre Oasis et le Cefact sur la normalisation d'ebXML qui va les faire changer d'avis !
Oasis avait soumis à l'ISO les six spécifications d'ebXML dont il a la charge pour leur normalisation par une procédure fast-track. Mais le Cefact-Onu, ayant gardé la charge de la sémantique d'ebXML, les Business Process (BP) et les Core Compo-nents (CC), ses hauts représentants ont obtenu du secrétariat général de l'ISO que cette procédure de normalisation rapide soit retirée ! C'est vrai que normaliser le contenant sans dire un mot du contenu était à la limite des compétences du TC 154...
Mais il s'agissait pour Oasis, et notamment Sun, d'occuper le terrain avec un ebXML normalisé, face à la pression de Microsoft, IBM et leurs alliés qui espèrent bien que leurs spécifications pour la mise en oeuvre des Web Services vont devenir rapidement des standards de facto sur quoi baser l'interopérabilité de l'e-business.
Devant cette valse-hésitation, on peut se demander si le Cefact-Onu soutient encore ebXML : Klaus Naujok (le "Kaiser") persiste (cf VendrEDI n° 50) à trouver que  la spécification de la sémantique n'est pas tout à fait exactement assez conforme à sa méthodologie de modélisation UMM !
Cela va donc encore retarder l'adoption des CC alors qu'au sein du Cefact-Onu et ailleurs, les groupes sectoriels, commerce, banque, transport etc. définissent leur sémantique et qu'il faut agréger ces définitions. Théoriquement les doubles emplois devraient pouvoir être évités en explicitant, pour chaque Core Component largement utilisé, tous ses différents contexts sectoriels et géographiques.
Quatre ans après son lancement, le framework ebXML complet n'est donc pas encore pour demain ! Plutôt que de s'obstiner dans cette démarche top down,  peut-être vaudrait-il mieux laisser Oasis et le Cefact-Onu divorcer en confirmant la garde séparée des enfants, spéci-fications techniques à l'un, sémantique à l'autre. Cela faciliterait la normalisation du messaging d'ebXML déjà utilisé !
Pour que "le message passe" il faut bien être d'accord sur le sens des données à transmettre

Microsoft et WS :  
Core Components :
java-vache dans les standards !
 
    sectoriels ou universels ?
En matière de standards, il y a pire que la valse-hésitation sur ebXML entre Oasis et le Cefact ! Les standards des Web Services (WS) donnent le spectacle d'une java-vache pleine de croche-pieds entre Microsoft et Sun au W3C, au WS-I et encore une fois à Oasis. Un pas en avant : Sun a été élu pour deux ans (et webMethods pour un an) au Board du WS-I où Microsoft et ses alliés ont un siége permanent. Un pas en arrière : Microsoft s'est retiré du nouveau groupe de travail du W3C sur la choreography des Web Services, dès après avoir surpris en participant en observateur à sa première réunion ! S'estompe l'espoir de voir le W3C parvenir à réconcilier BPEL4WS de Microsoft, IBM et BEA d'un côté et de l'autre BPML (de WSCI) que conduit Sun (avec notamment BEA) à Oasis et qui est soumis au W3C.
Même schisme persistant en matière de reliability des Web Services, évitant par exemple l'omission ou la répétition de messages : malgré WS-Reliability de Sun et autres, projet présenté en février à Oasis,  WS-ReliableMessaging et. WS-Adressing ont été publiés en mars. Ces propositions concur-rentes et plus ambitieuses de Microsoft, IBM, BEA et TIBCO, en chantier depuis un an, étant aussi justifiées par le fait d'être en ligne avec BPEL4WS et leurs précédentes spécifications de sécurité et leur roadmap d'ensemble (cf VendrEDI n° 60).
Quel est l'enjeu sous-jacent ? Voir BPEL4WS et le set de sécurité finir par devenir des standards de facto, ne serait-ce que grâce aux seules clientèles de ses promoteurs et de leurs alliés qui assureraient une diffusion suffisante aux produits qui y seront conformes ! Sans oublier que Microsoft n'a jamais déclaré qu'il ne percevrait pas de droits sur BPEL4WS, contrairement à SOAP, WSDL et UDDI qu'il a laissé libres pour créer le marché !
Croc-en jambe désespéré : Sun reproche à Micro-soft de faire accepter par ses produits tous les schémas des utilisateurs conformes au XSD du W3C, alors que Sun essaye de faire définir par Oasis un XSD universel mettant tous les produits à égalité, dont les siens. Sun craint, en effet, une liaison directe entre produits propriétaires et utilisateurs, en se passant de tout standard de contenu, qui conforterait effectivement une position dominante de Microsoft et de ses alliés. Certes !
Mais l'intérêt des utilisateurs, concentrés sur leur coeur de métier, est aussi de s'en tenir à leur schéma, bien adapté à leurs besoins d'échanges. Là, Microsoft est bien en ligne avec la floraison de langages métiers XML et de leurs schémas !
 
L'expérience de l'EDI est instructive : sa séman-tique "universelle" n'a en rien facilité les échanges intersectoriels qui ne se sont pas développés. Les assureurs, les commerçants, les acteurs de justice, les acteurs de la santé etc. continuent  encore à échanger d'abord entre eux, avec juste quelques rapprochements de proximité. Le fait d'avoir une sémantique, non pas vraiment universelle, mais simplement avec les codes de tout le monde entassés pèle-mêle dans le même directory TDID, n'a, en fait, profité qu'aux fournisseurs, par exemple de traducteurs Edifact, qui ont eu ainsi, potentiellement, un marché global suffisant.
Ce sera sans doute un peu la même chose pour la description des Web Services : avoir un vocabulaire unique faciliterait certes la vie des développeurs qui auront à décrire des services Web dans des domaines différents puisqu'il faudra bien une sémantique pour décrire les services et formuler questionnements et réponses. Mais à quel niveau normaliser pour qu'à service identique la description et le questionnement soient les mêmes ? Faut-il vraiment une sémantique universelle dans WSDL pour tous les Web Services ?
Du point de vue des utilisateurs quotidiens, les invocations de Web Services resteront relatives à leur coeur de métier. On ne voit pas un fabricant britannique invoquer le service d'un transporteur routier US : il y aura de multiples intermédiaires avec autant d'invocations de services deux à deux. Et la sémantique de ces binômes successifs aura alors varié sans que chacun ait réellement besoin de comprendre, et encore moins de s'aligner sur la sémantique de l'ensemble de la chaîne.
Qu'il s'agisse de l'EDI, des Web Services, ou des modules d'échange des ERP,  on peut alors se demander quel serait l'intérêt pour l'e-business d'adopter les Core Components (CC) prévus dans ebXML. Certes, ils peuvent identifier les mêmes concepts sous-jacents tout au long d'une chaîne, en distinguant leurs différentes spécificités par des contexts sectoriels ou géographiques.
Mais qui acceptera demain d'abandonner son langage métier ? Les multinationales ayant réussi à imposer leur sémantique unifiée à leurs parte-naires ? Les secteurs mondiaux comme la banque, la douane, la comptabilité ou le reporting, qui verraient leurs spécificités ravalées au rang de simple contexts des CC ?
En tout cas, avant de viser l'universel, des CC bâtis sur les langages métiers de la francophonie seraient une étape utile !
 
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