Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 69. Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Après le succès de sa journée du 11 juin, EDISANTE organise à nouveau le 3 décembre une formation sur les méthodes, outils et usages d'XML pour les échanges dans la santé qui peut intéresser tous les secteurs.
Programme et inscriptions à http://www.edisante.org     Demande de renseignements à  
 
Georges Gardarin  communique : les logiciels supportant XQuery développés par PRiSM et industrialisés par une start-up sont mis en "open source" (licence LGPL) par l'UVSQ et la société XQuark Group. Voir http://www.xquark.org

Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 
 
 


 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
        Numéro 69       7 novembre 2003
    InfoPath-XForms : 
 
     US Gov XML :
   XML pour tous, chacun pour soi 
   eXtensibilité décentralisée !
Parmi les nouvelles fonctionnalités d'Office 2003 pour les professionnels, Microsoft inclut InfoPath, (cf VendrEDI n° 60) ainsi que WordML et SpreadsheetML qui mettent XML à la portée des utilisateurs de Word et d'Excel avec un simple "Save as XML". Si besoin en suivant les W3C XML Schemas (WXS) d'entreprise, par exemple pour des formulaires en XML. A noter que, pour Hervé Agnoux, de la sarl diaam informatique, Open Office est un outil bureautique tout autant XML !
Bien qu'il ne s'agisse pas de bureautique, mais simplement d'un format de saisie, la recomman-dation de XForms 1.0 par le W3C élargit  éga-lement l'utilisation de XML.  Intégrant la souplesse de XML dans les formulaires en ligne, notamment en séparant contenu et présentation ce qui les rend plus facilement réutilisables, XForms est basé sur le recours à des Schémas XML pour la validation des données ; il est ouvert sur les Services Web et per-mettrait de véhiculer le même formulaire sur différents types de terminaux, fureteur, messagerie, téléphone portable etc. Ce que ne permet pas InfoPath, axé sur les outils Microsoft.
Y a-t-il concurrence entre InfoPath-WordML et XForms à la mise au point duquel Microsoft n'a pas participé ? Voir l'échange de vues sur une liste de discussion de XMLfr : par exemple, Microsoft utilisera-t-il la spécification XForms dans ses produits finis comme son fureteur IE ou même InfoPath ? Ou l'ignorera-t-il, pour des raisons stratégiques comme il ignore d'autres spécifications comme CSS ou XHTML, tout en utilisant WXS et XSLT ? En tout cas, il y a concurrence puisque, selon Eric van der Vlist, il y a des fonctionnalités communes entre XForms et les formats de l'outil d'édition XML qu'est InfoPath.
En tout cas, avec XML pour tous, il n'y a plus d'outils de back office sans front office basé sur XML. Et avec InfoPath, Microsoft est désormais le meilleur élève de la classe pour l'emploi de XML. De même en ce qui concerne SAP (voir VendrEDI n° 67) : les offreurs en position dominante sur leur créneau sont bien obligés de fournir au moins des passerelles XML. Ce qui ne les empêche pas pour autant de vouloir préserver leur position dominante et d'avoir des outils propriétaires comme InfoPath !
 
En dehors de l'Asie du Sud-Est, le gouvernement fédéral US est sans doute l'instance qui s'est le plus résolument lancée dans le recours à XML pour le E-Government. Chaque agence fédérale a ses réali-sations, avec balises et schémas adaptés à ses besoins et le gouvernement US s'inquiète de ce foisonnement bottom up. Il  veut rassembler l'infor-mation dans un XML Registry et s'efforce d'établir un minimum de cohérence top down : c'est un véritable framework, la Federal Enterprise Archi-tecture qui doit  être définie  par le FEAPMO, ini-tiative de l'OMBOffice of Management and Budget de la Maison Blanche. Ce framework se concrétise par des efforts divers : par exemple obte-nir au sein du DoD (ministère de la Défense) que chaque service réutilise les schémas existants plutôt que d'en recréer inutilement de semblables. Ou le projet E-Forms for E-Gov qui préconise notamment la recommandation XForms. Et surtout un travail de longue haleine de mise en commun de la séman-tique : le Data and Information Reference Model (DRM) qui devrait faire partie du XML Registry. Cette harmonisation sémantique est naturellement d'abord sectorielle avec utilisation prévue de la norme ISO Topic Maps (cf VendrEDI n° 57) pour relier les ontologies. Les agences de la santé ont ainsi établi un langage commun avec les entreprises du secteur. De même pour l'environnement. Mais aller vers l'intersectoriel n'est pas simple : le DoD a ainsi établi son own XML registry ! Et  il a imposé aux différentes armes une identification commune des produits pour l'e-procurement et prévoit le recours obligatoire à la RFID.
Néanmoins, pour Rémy Marchand, président de l'atelier ouvert e-Procurement du CEN/ISSS (nor-malisation européenne), même sectoriel, cet effort d'utilisation standardisée de XML dans l'administra-tion américaine a peu d'équivalent en Europe et cela finit par pénaliser l'efficacité du B2A et la moder-nisation des entreprises européennes.
Mais pas d'uniformisation inutile : discipline et mé-thode ne veulent pas dire carcan, et les standards n'ont intérêt à être définis que dans le périmètre des échanges. Celui-ci peut être mondial pour les douanes, sectoriel pour l'automo-bile ou national pour justice et impôts.
  Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

    BPM et SOA : 
Standards et normes
    marier technique et métier 
 
     s'emmêlent joyeusement !
Le Business Process Management (BPM) consiste à permettre aux analystes métiers de l'en-treprise de diriger les informaticiens (et non l'inverse) pour qu'ils modélisent la mise en oeuvre de leurs processus de business. Voir le Livre Blanc d'Intalio où un processus métier ou BP (business process) est défini comme "une chorégraphie d’activités incluant une interaction entre participants sous la forme d’échange d’informations. Les partici-pants peuvent être des applications ou services du SI, des acteurs humains ou d’autres processus métiers". Le BP peut être interne ou impliquer plusieurs entreprises dans le cadre d'un processus collaboratif B2B. Le BPM utilise et doit faire la synthèse des outils d’EAI, de Workflow, de B2Bi (ou EDI), les progiciels intégrés (ERP) et les mo-teurs de règles métiers. Le BPM a son langage de mise en oeuvre, le Business Language Execution Language (BPEL).
Le BPM a connu ses premières esquisses disper-sées avec les scénarios sectoriels d'enchaînement de messages EDI. C'est devenu une discipline à part entière avec de nombreuses instances de standardisation  en principe complémentaires, telles que RosettaNet, OAG et OMG. Ou Oasis avec, d'une part, le groupe WSBPEL partant de la propo-sition BPEL4WS de Microsoft, IBM et Intalio et, d'autre part, le tout nouveau groupe ebXML portant sur les Business Process, suite au désinvestissement du Cefact-Onu. Avec enfin BPMI.org (Business Process Management Initiative) qui s'efforce de résoudre des problèmes de base, comme définir un langage commun à la modélisation, couverte par UML, et à l'exécution traitée par BPEL.
Le BPM peut être très utile pour la mise en oeuvre des Services Web qui sont un système d'intégration point à point qui pourrait être étendu plus facilement grâce au BPM. De même, la mise en place annon-cée de la SOA (Service Oriented Architec-ture) devrait être plus aisée  grâce au BPM qui fournit l'analyse des processus métiers dont a besoin une SOA surtout orientée urbanisation du SI.
Au total, le BPM ne prétend pas être la solution permettant de faire table rase de l'existant, mais se positionne au contraire comme une sur-couche réconciliant vision métier et vision technique. Et cela contrairement au "Big Bang" des PGI (ERP) dont les mythes sont dénoncés dans un autre Livre blanc de Sterling Commerce qui recommande l'appro-che BPM. Et revenu à une place modeste, mais indispensable, de version automatisée du BPM, l'EDI a de beaux jours devant lui !
 
La situation des standards pour les échanges électroniques de données ne se simplifie pas : la guerre stratégique Microsoft-Sun avec leurs alliés fait toujours rage, impliquant en particulier Oasis et le W3C, surtout pour le standard essentiel de la choreography des Services Web où le WSBPEL d'Oasis fait double emploi, non seulement avec le WSCI du W3C, mais aussi avec le nouveau groupe d'Oasis sur les Business Process ebXML.  La situation n'est guère plus claire parmi les instances officielles de la normalisation. Là, c'est plutôt pour les problèmes d'ego des dirigeants ! Par exemple, l'ITU (télécoms) se lance dans la standardisation des échanges électroniques dans le domaine de la santé. Ou l'IETF dans le commerce électronique. Tant pis si ces domaines sont déjà largement cou-verts par ailleurs !
Heureusement que, pour éviter les guerres de tranchées, des contacts existent entre tous ces groupes : par exemple, le WS-I qui oeuvre au niveau des conditions d'implémentation (cf VendrEDI n° 64) semble un terrain neutre. De même Oasis ou OAG ont été admis au MoU (cf VendrEDI n° 62) entre les instances officielles. Il y a même des chassés-croisés : le Cefact-Onu abandonne ebXML à des groupes d'Oasis et confie ses liaisons avec les autres instances de normalisation à un représentant de Microsoft qui, du coup, soutient la nouvelle ency-clique du Cefact-Onu, le BCF (cf VendrEDI n° 67). De ce fait (?) l'Onu pourrait prier le Cefact de se recentrer sur son domaine d'origine, la trade facilitation, ses activités TIC étant alors reprises par l'ITU...
La double conséquence de ce bordel ambiant est préoccupante : d'un coté, trop plein dans les consor-tiums ou tous les offreurs se précipitent pour être au courant à temps dès qu'un nouveau standard est mis en chantier, et de l'autre,  en Europe le CEN/ISSS dissout son atelier sur le commerce électronique, en l'absence d'entreprises utilisatrices. 
Mais, face à la nécessité de satisfaire les besoins des entreprises, l'adaptation est en cours :
- d'une part, à la place de l'intersectoriel tous azimuths, repliement sur des instances sectorielles comme EAN-UCC-RosettaNet, suffisantes pour les
entreprises de leur secteur (cf VendrEDI n° 68) ;
- d'autre part, légitimation résignée des standardisa-teurs mondiaux de facto, à savoir Microsoft and co, très intéressés à construire leurs produits sur les
standards de base. Et qui se débrouillent mieux que l'ISO qui a du abandonner l'idée de faire payer ses standards !
Ce numéro 69 de VendrEDI a été adressé à 1142 abonnés      Pour écrire    
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