Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 74 . Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
PS : n'ayant rien de spécial à annoncer, je me permets, pour meubler cette page d'envoi, de joindre ci-après une devinette en espérant que peu la connaissent !
 
        Devinette :
 
1° Vous êtes au volant d'une voiture et vous roulez à vitesse constante.
2° A votre droite, un ravin à perte de vue.
3° A votre gauche, un camion de pompiers qui roule à la même vitesse et dans la même direction que vous (il est en train d'essayer de vous doubler).
4° Devant vous, un cochon qui est plus gros que votre voiture.
5° Derrière vous, un hélicoptère qui vous suit en rase-mottes.
6° Le cochon et l'hélicoptère vont à la même vitesse que vous.
 
Comment faites-vous pour  vous arrêter et descendre de voiture ?
 
Réponse plus bas, avant VendrEDI .............................mais réfléchissez 2 minutes avant d'aller voir.

 



  

 

 

 

 

Attendez l'arrêt du manège ! Ce n'est plus de votre âge ! Ci-dessous  VendrEDI n° 74. 

 


 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 74     27 février 2004
  Le Semantic Web
 
 Microsoft + Cefact :
    pour l'e-business et Edifact ! 
où sont passés les utilisateurs ?
Après le Web actuel, dont les resources sont  hu-man readable, l'animateur de son lancement réussi, Tim Berners-Lee, vient de quasiment mener aussi à bien la mise sur orbite du Semantic Web qui, lui, offre des ressources machine processable. Les deux sont complémentaires : mais c'est un amusant retournement de l'histoire de voir qu'en voulant automatiser la recherche et le traitement des données, on revient ainsi à l'objectif de l'EDI, mais cette fois avec des outils autrement puissants et ouverts. C'est le cas de RDF (cf VendrEDI n° 72) et d'OWL (cf VendrEDI n° 67) qui sont aujourd'hui des recommandations du W3C. Les premières utilisations sont effectives chez Boeing ou dans l'offre d'IBM, pas seulement  pour améliorer les recherches type Google ou gérer du knowledge management, mais pour relier des ontologies sur lesquelles on puisse ainsi adosser une cohérence in-terne puis son e-business. Le W3C, un temps très critiqué pour avoir laissé à Oasis le soin de standar-diser les Services Web, semble être en passe de réussir son "détour" par cet investissement dans le "sens" qu'est le Semantic Web. Détour qui devrait profiter à tous ceux qui veulent automatiser des traitements ou des échanges d'applications à applications qui supposent que l'on se soit au préalable mis d'accord sur le sens des données à transmettre. C'est donc l'intérêt de l'e-business, et tout particulièrement des Communautés EDI, de tester les outils du Semantic Web, par exemple pour des domaines nouveaux ou à l'occasion d'une refonte. D'autant que RDF et OWL peuvent parfai-tement partir du contenu Edifact existant. Mais au lieu de simplement juxtaposer dans un répertoire les différentes valeurs codées pouvant être prises par une donnée, on passera d'un vocabulaire-patchwork à une ontologie par une modélisation type OO (orienté objet) des différentes entités d'un domaine, de leurs attributs comme de leurs relations. Et avec le mécanisme des namespaces et des URI, plus besoin d'un répertoire unique avec une gestion centralisée de ses mises à jour. Le bottom up du métalangage XML pourra ainsi se manifester dans des langages parallèles avec, en tant que de besoin, l'interopérabilité de leurs fron-
tières modélisée avec les mêmes outils. 
 
Le deal entre Microsoft et le Cefact pour le soutien d'un BCF (Business Collaborative Framework) incluant les Services Web fait l'objet d'un article du New York Times où rémunération d'article et billets d'hôtel payés par Microsoft aux dirigeants du Cefact sont évoqués. L'affaire avait été évoquée en son temps dans le VendrEDI n° 67 :
- ces contreparties "trébuchantes" à la mise au frigo d'un ebXML soutenu par Sun entachent la neutralité de l'Onu ; comme en général le sponso-ring obstinément recherché par les dirigeants du Cefact au grand dam du service juridique de l'Onu !
- sur le fond, on peut comprendre la volonté de ne pas ignorer Microsoft pour assurer une standar-disation cohérente des divers modes d'e-business, y compris les Services Web, où Microsoft est leader.
Mais à la condition que le Cefact soit toujours capable de représenter la neutralité des utilisateurs comme cela a été la caractéristique de l'Onu au temps d'Edifact. Or, depuis quelques années, les utilisateurs sont partis du Cefact-Onu sur la pointe des pieds. Tout d'abord parcequ'ils étaient enfin satisfaits des messages Edifact qu'ils avaient  mis au point, empiriquement, au fil des ans. Ensuite parce qu'ils ont été assommés par la permanence d'une révolution institutionnelle et technique du Cefact. Alors que leurs messages EDI sont toujours le support très majoritaire du B2B  et rentabilisent un investissement de plusieurs années, les utilisateurs souhaitaient une migration tranquille de leur Edifact vers XML et les Services Web.
Malheureusement, au lieu de s'intéresser à AS1-AS2 (EDI sur Internet), où à la simple reprise en XML du contenu-métier Edifact, le Cefact a surtout investi sur l'UN/Cefact Modeling Methodology, sur ebXML, puis maintenant sur  le BCF avec Microsoft, toutes choses qui ne rassurent pas forcément les utilisateurs d'Edifac ! Pourtant la tendance est bien de redonner la priorité aux métiers sur les techniques ! D'où, d'ailleurs, un groupe d'Oasis qui met en avant un BCM, Business Centric Methodology, censé être au-dessus de toutes les couches techniques,  y compris le BCF ! Alors Oasis ou Microsoft-Cefact ? En tout cas, on ne voit pas très bien où sont passés les utilisateurs censés choisir !
  Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

  Série des WS* :
Mariage TI-métiers :
    "Soupe" ou saine modularité ?
 
  garder les segments Edifact
Toujours en tête dans la course à la standardisation des Services Web, Microsoft vient de publier avec Intel, BEA et Canon, une nouvelle spécification dans la série des WS* : WS-Discovery (Web Services Dynamic Discovery). Basé sur SOAP et complément à UDDI, WS-Discovery doit faciliter la recherche et la connexion aux Services Web de tous types d'outils connectables et de réseaux, depuis les ordinateurs et les notebooks jusqu'aux téléphones portables. Sun a immédiatement dénoncé une proposition "propriétaire" et  annoncé qu'une "spéc" ouverte serait bientot publiée par Liberty Alliance pour tous types de plates-formes, J2EE, .Net ou IBM. Mais ses promoteurs maintiennent que WS-Discovery, une fois "débuggé", sera soumis à une instance de standardisation à l'instar de WS-Addressing, WS-Eventing et WS-Security. Alors, patchwork tournant à la "soupe" ou modularité pour préparer une réelle interopérabilité à laquelle tous devraient avoir effectivement intérêt, si les Services Web finissent par se généraliser ?
 
 ebXML+WS : 
    un TC ebSOA lancé par Oasis
De même que Microsoft soutient avec le Cefact un BCF alignant EDI et ebXML sur les Services Web, cf page 1, des promoteurs d'ebXML, pour le moment surtout Adobe et Commerce One, vont installer à Oasis un nouveau TC dénommé ebSOA (electronic Business Services oriented Architec-ture). Son propos est de continuer le travail sur l'architecture technique d'ebXML en tenant compte des Services Web, en particulier des travaux du groupe du W3C sur la Web Services Architecture. La présidence d'ebSOA devrait être confiée à Duane Nickull, qui avait été editor de la version 1.0.4 de l'ebXML Technical Architecture Spe-cification. L'objectif  est d'évaluer l'implementa-bility et l'interopérabilité des multiples spécifications ebXML et Services Web, ainsi que d'aider à résoudre les incompatibilités rencontrées.
On ne peut qu'applaudir à une telle volonté d'oecuménisme et souhaiter qu'un Panthéon puisse accueillir et faire coexister tous les standards de l'échange électronique de données ! Mais le danger des entreprises "monothéistes" comme ebSOA ou le BCF est qu'elles ont tendance à prétendre être les seules à avoir leur place dans le Panthéon ! Le Cefact ayant pris parti, reste Oasis comme Panthéon ouvert !
 
Edifact, premier standard des échanges électroni-ques de données du B2B (EDI), s'est construit en associant experts des technologies de l'information (TI) et représentants des métiers. Par exemple, la centaine de segments génériques Edifact, sur la date, les quantités, l'identification des parties etc. formatent langages et expériences métiers et préfi-guraient dès 1990 ce qu'on appelle maintenant dans ebXML une BIE (Business Information Entity) réutilisable. Le bon vieux segment DTM, par exemple, comporte ainsi trois données codées : la nature de la date (date de livraison, date de valeur etc.), le format utilisé pour la date (jjmmaaaa en Europe ou mmjjaaaa aux USA) et la date elle-même (27022004 pour ce n° de VendrEDI).  Certes, un tel segment antédiluvien recourt, pour son forma-tage, à une TI bien dépassée aujourd'hui. Mais son contenu métier, comme celui des autres segments Edifact, est toujours valable : la preuve, c'est que la majeure partie des échanges B2B est encore en Edifact ! Et cela n'a rien d'étonnant ! Les données du business évoluent beaucoup moins vite que les standards de TI prétendant les rendre interopé-rables ! Certes, les listes de codes des données de ces segments ne sont pas génériques et  ne font que juxtaposer les langages métiers. Du coup ce n'est que le format, l'arrangement des données, qui est générique, chaque secteur ayant une déclinaison interne "propriétaire" des segments, avec des codes et des libellés qui lui sont propres. Donc sans véritable intersectorialité. A noter que le vocabulaire du standard EDI ANSI X12, plus en usage aux USA qu'Edifact, fait appel à des segments moins "génériques" et que cela n'empêche pas cet X12 d'être toujours largement majoritaire dans le B2B aux USA. Les échanges restent en effet à l'intérieur des secteurs utilisant le même langage : le fait que les segments soient génériques ou non n'a donc aucune incidence pratique ! Cela doit faire réfléchir aux conditions de passage à la TI  XML : faut-il vraiment remodéliser la structure de langages qui continuent à faire leurs preuves, qu'ils soient génériques ou non ? Qu'est-ce que les Core Components ebXML, leurs BIE "génériques" ou "l'universel" UBL apporteront de nouveau à des échanges qui resteront sectoriels pour l'essentiel ? De syntaxes EDI à jeter, il faut garder en XML le bébé des contenus métiers rassemblés en segments réutilisables. Quitte à ce que la séman-tique de ces segments soit, elle, modé-lisée, si besoin, avec RDF et OWL.
Ce numéro 74 de VendrEDI a été adressé à 1132 abonnés      Pour écrire    
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