Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 75. Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Un livre intéressant sur le Semantic Web signalé par Yves Pigneur. De Daconta, Obrst et Smith : "The Semantic Web - A Guide to the Future of XML, Web Services, and Knowledge Management", 281p. Chez Wiley 2003 (ISBN 0-471-43257-1).
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 


 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 75      12 mars 2004
    Distribution globale
 
    L'Insee en XML
     grâce à la standardisation
   pour ses données de base !
La mondialisation est entrée dans les moeurs de la grande distribution, par exemple au niveau d'une standardisation globale. Comme le note Pierre Georget, qui vient de succéder à Thérèse Angué comme Directeur Général de Gencod EAN France, même si près de 90% du commerce est encore local, ses grands acteurs sont de plus en plus des entreprises mondiales, fournisseurs comme distribu-teurs. Et ce sont ces grands utilisateurs qui gèrent une standardisation globale réunifiée, avec UCC (USA) ayant rejoint EAN, et ayant absorbé RosettaNet. Cette unification autour des standards de la supply chain contraste singulièrement avec l'éclatement de la standardisation intersectorielle, avec la concurrence des standards entre forums où ce sont plutôt les offreurs qui dominent.
Avec une cohérence de standards couvrant tous les aspects de la synchronisation des données : catalo-gues électroniques, codes à barres avec bientôt RFID (radio-fréquence), GEPIR pour identifier les entreprises, processus de logistique et de règle-ments financiers, techniques comme EDI, Web-EDI, XML et AS2 pour les transactions, outils comme le GPA, le CPFR etc. pour la mise en oeuvre de l'ECR, Efficient Consumer Response, pour réduire les délais en améliorant la rentabilité. Sans oublier un  GDD (Global Data Dictionary).
Avec depuis deux ans, un GSMP (Global Stan-dard Management Process), géré par EAN-UCC qui comporte aujourd'hui deux séries de groupes de travail : ceux qui définissent les besoins en matière de processus et ceux qui valident les standards correspondants. Gencod EAN France est partout représenté et a organisé, pour chacun de ces groupes, un "groupe-miroir" pour les entreprises françaises afin que leurs pratiques puissent être discutées et "remontées" à l'échelon mondial. Le GSMP est en effet organisé en quatre régions du monde (dont Europe-Moyen-Orient-Asie) avec une procédure de CRs (Change Requests) qui rappelle l'organisation Edifact centrée sur les utilisateurs. La prochaine plénière du GSMP réunira 250 personnes de 103 pays, du 26 au 29 avril 2004 à Paris.
A coté des banquiers ou de l'automobile, la distribu-tion constitue un centre global de standardisation de l'e-business, à la fois multipolaire et efficace.
 
XMLfr vient d'annoncer que l'Insee met à dispo-sition un namespace où l'on peut trouver la doc et les schémas XML relatifs à ses données de base sur l'identification et la description des entreprises et des personnes, Siret, Nir, code géographique et nomenclature d'activités. Ces briques élémentaires sont ré-utilisables dans tout schéma XML, pour la dématérialisation des formalités administratives ou pour l'e-business. Les utilisations de ces données de base pouvant alors être à l'Insee avec des commentaires éventuels sur cette "xmlisation".
Cette opération, coordonnée à l'Insee par Jean-Pierre Grandjean et Franck Cotton, et réalisée par Eric van der Vlist ( ), préfigure ce que sera sur le Web la doc en XML sur la sémantique, c'est à dire les métadonnées. Il devrait en effet en être ainsi dans chaque domaine, Swift étant respon-sable des identifiants et autres données bancaires, les instances postales de l'adresse postale univer-selle, les instances comptables des données comptables etc.  Comme le fait remarquer Bernard Longhi, ces données de base des secteurs "horizontaux" seront reprises par les secteurs "verticaux" qui, eux, seront responsables de leurs données dans autant d'URI de namespaces. Chacun son métier et les sémantiques seront bien gardées ! Sans d'ailleurs qu'il soit nécessaire de "corseter" l'ensemble : pour les identifiants d'entre-prises, par exemple, il y a l'Insee, certes, mais aussi l'identification EAN-UCC pour les codes-barres de chaque entreprise, Dun & Bradstreet, etc. Ces identifiants sont adaptés à un contexte d'utilisation et sont donc complémentaires. D'autant que, depuis XML, la table de correspondance entre ces iden-tifiants peut être précisée par RDF qui est justement fait pour expliciter les relations sémantiques entre deux URI. Donc plus besoin d'un répertoire centra-lisé, ringard car "pré-Web" : si on tient vraiment à avoir une library ebXML, un TDED révisé ou un UBL, il suffira d'y mettre la liste des URI où trouver la documentation que l'on recherche. Cette "toile" de données de base intersectorielles et de données sectorielles sera la contribution du B2B au Semantic Web. Et c'est très bien qu'avec l'Insee, le B2Bfr commence à construire un Web multipolaire et multilingue !
 
  Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

   La SOA(p) originelle
      Sémantique :
      pour recréer la vie dans le SI 
 
    ebXML-CCTS et RDF-OWL ? 
Aux yeux de certains, après la programmation OO (orientée objet), c'est la SOA (Service Oriented Architecture) qui passe pour être la source de toute vie future dans le SI. Selon eux, le OO assurait l'intégration par le partage d'interfaces communes entre systèmes alors que la SOA s'en passe, est plus loosely coupled, l'intégration se réalisant par messages entre systèmes. Avec le loose coupling, systémes, applications et composants gardent leur identité et leur intégrité, et donc leur agility à entamer, en tant que de besoin, une collaboration avec d'autres. Même si toute relation à l'intérieur d'un SI ne se traduira pas par un Service Web (SW), les SI se construiront désormais dans une perspective de service comme interface et la SOA serait alors la forme moderne et "agile" de l'EDI comme de l'EAI. Toute forme d'EDI supposant un langage intermédiaire compris de tous, les SW cons-tituent ce langage d'intégration de la SOA, aussi bien en mode automatisé que human. Des SW formatés en XML, pour des messages internes ou externes, utilisant suivant les cas WSDL et SOAP avec BPEL et la série des WS*. Mais pour Jean-Jacques Dubray, éditeur de l'ebXML Business process Specification, le framework ebXML est tout autant en mesure de fournir un cadre de déve-loppement pour la SOA. En tout cas, si le nouveau paradigme est bien "message, service et SOA",  la bataille de standards qui a lieu aux niveaux message et service s'étend et se gagnera au niveau des futurs standards de la SOA ! Et Microsoft entend bien continuer à faire la course en tête de la standardisation des SW, grâce à Longhorn, la prochaine version de Windows, dont la partie Indigo, étant très service oriented, offrirait ainsi une gamme de messages asynchrones, pas seulement ceux des SW. Englobant les SW, la SOA est donc manifestement  perçue comme stratégique par Microsoft. Comme elle l'est pour IBM à travers WebSphere. Voir un article sur Indigo de Jean-Jacques Dubray. Il s'y demande in fine si SOAP, que SW et ebXML utilisent, ne devrait pas désor-mais s'épeler Service Oriented Architecture Protocol. Mais si le passage du OO au service oriented semble irréversible, il reste du travail. Voir le site ebPML, consacré au management des business process, et à la SOA, dont la vision est la convergence des standards pour "un modèle applicatif metadata driven fusionnant les trois apports majeurs actuels : l'infrastructure des SW, la sémantique d'Oagis et le business d'ebXML".
 
Les deux paradigmes concurrents de l'e-business, ebXML et Services Web (SW), sont apparus à peu près au même moment en 1999-2000, l'un pour contrer l'autre, l'un soutenu par Sun, l'autre par Microsoft. Ces deux frameworks disposent chacun des outils pour chacune des fonctions exigées. Par exemple concernant les processus métiers, ebBPSS et CPP/CPA pour ebXML, contre BPEL4WS et WSDL pour les Services Web. En matière de sémantique, ebXML s'appuie sur la CCTS (Core Components Technical Specification) alors que les SW sont ouverts à tout schéma XML et à ses namespaces. En pouvant s'appuyer sur les outils RDF-OWL du Semantic Web.
Selon Dominique Richard, des utilisations parallèles d'ebXML et des SW sont concevables, ebXML plutôt centré sur une supply chain en XML prenant la suite de l'EDI, les SW plus souples pour des types nouveaux d'e-business. Mais comme ebXML et SW peuvent renvoyer l'un à l'autre et qu'une archi-tecture pourrait leur être commune, ebSOA entre autres, on doit comparer leurs outils sémantiques.
CCTS comprend, pour schématiser, deux parties : d'une part une définition des 8 différents niveaux de CC et BIE (Business Information Entity) ainsi que de leurs contexts, d'autre part les procédures pour les rechercher dans une library. Autant les défini-tions, complexes, sont acceptables, autant la recher-che est illusoire puisqu'il n'y a pas de library.
En effet, leurs CC et autres BIE n'ont été définis que par certains secteurs, la banque en particulier. On se retrouve alors, en fait, dans une situation assez comparable à celle des SW ouverts où chaque secteur définit son schéma XML et sa library sémantique associée dans un jeu de namespaces. Une convergence de leur sémantique entre ebXML et SW serait donc concevable : les définitions de la CCTS pourraient être adoptées pour les SW, mais la library universelle d'ebXML ne serait constituée que des références des namespaces utilisés, en ebXML comme en SW.
Une autre convergence serait possible : ebXML se situe en prolongement d'un EDI, avec une liste quasi-fermée de concepts juxtaposés dans un réper-toire, certes gérable, mais sans liens sémantiques entre ces concepts. Ces liens pourraient, si besoin, leur être apportés par RDF-OWL, des outils qui peuvent déjà permettre aux SW de passer à l'heure d'un Semantic Web conciliant l'ouverture et l'interopérabilité avec l'automatisation du traitement de sémantiques bottom up.
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