La Rochelle, le 14 mai 2004
 
 
Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 78. Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
VendrEDI a 5 ans, jour pour jour, le n° 1, lancé sous l'égide de crEDIble, datant du 14 mai 1999. Cette relative longévité s'explique par la fidélité des lecteurs : aujourd'hui, sur les 1283 destinataires, plus de 350 sont fidèles depuis 1999-2000, plus de 400 se sont abonnés en 2001-2002 et plus de 500 en 2003-2004. Et les nouveaux abonnés dépassent régulièrement les suppressions dues, soit à trois retours consécutifs comme undeliverables, soit aux quelques désabonnements pour changements d'affectation, départs à la retraite etc.
 
Merci de votre intérêt !
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 

 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 78      14 mai 2004
   Projet Actif
 
  PrEDIctions : bilan 
    pour des transports intelligents
5 ans après le n° 1 de VendrEDI
Le projet Actif, Architecture Cadre pour les Trans-ports Intelligents en France, animé par le Ministère de l'Equipement, s'appuie sur les projets européens Karen puis Frame. Les "systèmes de transports intelligents" permettent de "collecter, stocker, traiter et distribuer de l'information relative au mouvement des personnes et des marchandises". Sans brider les projets particuliers, Actif vise au contraire à leur fournir un cadre méthodologique garantissant l'inté-gration entre les systèmes, l'interopérabilité des équipements, applications et services, et la réfé-rence aux mêmes normes et standards.
En plus de l'architecture-cadre d'ensemble, Actif couvre plus précisément le transport terrestre de voyageurs et de marchandises dans une approche "multi/inter-modale", route, fer, fluvial, y compris les interfaces vers l'aérien et le maritime. Les très nombreux documents téléchargeables d'Actif couvrent donc l'aspect transport de l'e-business mais aussi d'autres fonctions où les études de domaine, suivies d'études de projets concrets, ont été préparées par une étape de modélisation. C'est à cette occasion, en rattachant aux "objets" du modèle les normes et standards de facto  existants, que le recensement de la normalisation du domaine a été effectué : répertoire des normes de matériels et d'équipements du domaine des transports,  les messages des normes Edifact ou Edigeo concernés par le cadre d'Actif etc.
Ont été déduits, en s'appuyant à la fois sur le cadre d'architecture et sur les études des dix domaines d'Actif,  les besoins de normalisation comme facteur d'interopérabilité, par exemple amélioration des normes d'identification et de localisation des véhicules ou intégration des messages EDI et Edimobile dans les scénarios d'échanges. Sans oublier, d'une part que la normalisation n'est qu'un moyen et non un but, les aspects organisationnels étant décisifs, d'autre part que la dimension interna-tionale, notamment européenne, est désormais au coeur des besoins d'intégration.
Au total, le projet Actif est un exemple à suivre quant à l'implication "intelligente" des pouvoirs publics dans la définition d'une architecture-cadre permettant   ensuite aux différents acteurs de mieux valoriser leurs projets grâce à leur cohérence.
 
Le VendrEDI n° 1  daté du 14 mai 1999 comportait, dans l'article mEDItations, une première ligne EDItoriale sur Edifact et XML  toujours valable :
"...1/ Edifact est d’abord le résultat d’innombrables réunions où des utilisateurs du monde entier, commerçants, banquiers, transporteurs etc. ont défini les données devant figurer dans tout échange électronique rendant compte de leurs transactions. Cela, le monde XML ne devrait pas l’ignorer, sous peine de réinventer l’eau tiède à grands frais !
2/ Réciproquement, le monde Edifact ne devrait pas ignorer les avantages potentiels de XML pour le transport et le traitement des données qu’il a défini..
Mais...après des investissements parfois lourds, les échanges Edifact, ça marche...D’autant que la révolution culturelle permanente de XML incite à attendre qu’une certaine maturité soit atteinte..Voilà
le décor qui va occuper le devant de la scène pour un moment est planté..."
Si l'importance accordée à XML s'est justifiée, erreur de prévision de VendrEDI : il n'était pas envisagé que 5 ans après, ni ebXML ni les Services Web n'aient  encore vraiment permis de changer de décor ! Edifact ou les standards antérieurs restent les formats les plus utilisés. Prévision moins erronée de VendrEDI, le scepticisme affiché sur ebXML, dès son lancement en septembre 1999, sauf en ce qui concerne son messaging rallié à SOAP.
Prédiction qui s'est révélée justifiée : les langages XML vont fleurir dans des communautés parallèles, l'aspect eXtensible de XML étant antinomique d'une gestion top down des contenus business. Autre prédiction justifiée, celle de trouver fort de café la vente aux PME de stages d'initiation à une usine à gaz ebXML présentée comme la panacée pour leur entrée "facile" en e-business !
A l'inverse, les Services Web ont paru être l'avenir des échanges électroniques, en tenant compte de la puissance de leurs parrains, IBM et surtout Microsoft, aujourd'hui adoubé par le Cefact-Onu. Mais là aussi, erreur de prévision de VendrEDI quant au rythme d'implémentation de ces Services Web, faute de standards stabilisés ! De rnière pré-diction, encore à vérifier, l'importance, y compris pour l'e-business, du Semantic Web et de ses outils RDF et OWL.
 
Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

  Stratégie IBM :
 Alignement UBL ou
          SOA, Services Web et Grid 
 
langage-pivot loosely coupled ?
Big Blue est en train de conforter une stratégie offensive avec son orientation Grid, Services Web et SOA (Services Oriented Architecture). Sur la SOA voir VendrEDI n° 75. CBDi propose comme définition de la SOA "Save Our Assets" ou, plus sé-rieusement, "The policies, practices, frameworks that enable application functionality to be provided and consumed as sets of services published at a granularity relevant to the service consumer. Services can be invoked, published and discovered, and are abstracted away from the implementation using a single, standards-based form of interface. C'est "services", qui est important dans cette définition, la SOA ne se résumant pas à une vision plus large de Services Web plus "maniables" par les utilisateurs.
Pour IBM, il s'agit, avec cette orientation SOA de proposer pour le niveau business process (BP) une modularité  du même type que celle du niveau logiciel sous-jacent, avec des composants réutili-sables d'un process à l'autre. Avantage collatéral pour IBM, une meilleure synergie entre ses différentes divisions "logiciel" : WebSphere, Tivoli, DB2, Rational et Notes dans le cadre du puzzle On Demand et de IBM Global Services. Avec Compo-nent Business Modeling, il s'agit de donner aux clients d'IBM à la fois la souplesse qu'ils souhaitent et la garantie de maitriser le retour sur investissement de la mise en place de Services Web. Voir chez IBM son Service-Oriented Archi-tecture Web site. Désormais WebSphere, avec son WebSphere Business Integration Server Foun-dation, est "natif" BPEL4WS, langage de mise en oeuvre des BP, qu'IBM a lancé avec Microsoft et qui est en cours de standardisation à Oasis. Mais cette coopération initiale n'empêche pas les deux principaux promoteurs des Services Web d'avoir leur propre stratégie, pouvant même aboutir à une concurrence au niveau des standards de mise en oeuvre. Si Microsoft a WS-Eventing, IBM propose la série des  WS-Resource  pour la gestion du state de la transaction d'un Service Web et surtout comme outil du Grid Computing. Le Grid  vise à pouvoir exécuter une application sur des ressources momentanément inutilisées ailleurs, ce qui nécessite standards et best practices. Tous les majors sont au
Global Grid Forum que  IBM suit de près. Avec les Services Web et la SOA, IBM entend bien faire du Grid la clef de voûte d'une architecture et d'une stratégie d'ensemble d'intégration maîtrisée qui est vue comme la réalité de demain.
 
L'adoption d' UBL, Universal Business Language,  comme projet de standard par Oasis est l'occasion de réfléchir à ce qui est en jeu. Tout d'abord "l'universalité" d'UBL ne concerne en fait que la supply chain à la mode  anglo-américaine. Même si UBL a été adopté pour les achats publics danois (cf VendrEDI n° 73). Surtout, de quoi s'agit-il ? De proposer aux entreprises de redéfinir leurs données internes en s'alignant sur les noms et définitions de ce langage ? Il faut se rappeler que cet alignement n'a jamais été exigé par l'EDI traditionnel ! Les noms et définitions des données des répertoires TDID d'Edifact ne sont proposées que comme langage-pivot : au départ, l'expéditeur traduit (map-ping) ses données internes à transmettre dans les données correspondantes du TDID, et à l'arrivée du message Edifact, le destinataire procède à un mapping en sens inverse pour mettre à jour ses données internes. Le recours au langage-pivot Edifact permet à l'expéditeur comme au destinataire  d'un message EDI de garder les noms et définitions de leurs données internes. Le map-ping qui autorise cette autonomie préservée est lourd, dit-on : certes, mais il est effectué une fois pour toutes ! Et redéfinir ses données pour les aligner sur UBL (ou les Core Components en cours  de définition au Cefact) ne sera pas une opération légère, même si, elle aussi, sera faite une fois pour toutes ! Un argument souvent avancé est qu'il devrait y avoir autant de mappings que de secteurs avec lesquels l'entreprise est en relation  de e-business, alors que l'alignement sur UBL resterait une opération unique, du fait de son caractère universel. On a vu que l'universalité d'UBL était, au moins pour le moment, limitée à la supply chain. Surtout, cet argument suppose que toutes les applications de l'entreprise utilisent les mêmes défi-nitions de données pour toutes les fonctions de l'en-treprise : on sait que ce n'est pas toujours le cas ! L'adoption du Committee Draft UBL alignerait alors tous les secteurs de l'entreprise étendue sur un seul catalogue d'infor-mation. Certes, mais ce n'est pas forcément le scénario le plus réaliste ! Ce n'est pas un hasard si le seul alignement à peu près réussi concerne les identifiants, depuis celui des entreprises jusqu'à, bientôt, celui des objets (cf VendrEDI n° 70). Pour les autres types de données, l'efficacité a, jusqu'à présent, consisté à préserver la spécificité des langages métiers : le loosely coupled vaut encore plus pour la sémantique que pour les connexions !
Ce numéro 78 de VendrEDI a été adressé à 1283 abonnés      Pour écrire    
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