Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 81. Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
Bonnes vacances !
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 

 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 81    9 juillet 2004
    RFID et Transport :
 
Traduire sans trahir  
   vers une norme intersectorielle
avec des interprètes des métiers 
Sans attendre que la RFID (Radio Frequency IDentification) se mette à tout identifier, depuis chaque canette de bière jusqu'aux billets de banque, on peut sans doute considérer que c'est pour la logistique que les premières applications rentables vont se manifester. Par exemple, Wal-Mart ou l'industrie pharmaceutique américaine commence-ront par utiliser la RFID pour les palettes et les conditionnements, pas pour les articles eux-mêmes. Cette priorité vaut peut-être aussi pour la norma-lisation : avant les puces RFID pour  les articles de grande distribution, les puces destinées à la logis-tique, y compris des produits industriels, ne concer-nent pas seulement la distribution et devraient être normalisées en impliquant aussi les transporteurs. Mais la distribution a pris les devants : EAN-UCC et EPC (Electronic Product Code) ont ainsi mis au point un système payant de puces RFID pour les articles destinés à la grande distribution. L'offre d'Auto-ID Center, basée sur le mariage entre l'iden-tification EPC des articles et la reconnaissance de ces identifiants par les puces RFID est illustrée par une Etude d'Accenture.
L'ISO, elle, travaille sur une gamme de tags, les ISO RFID eTag-I (pour Electronic Item Tag), eTag-P (pour Product) et eTag-T (pour Trans-port), ces balises étant, d'une part cohérentes avec les systèmes existants de codes à barres, d'autre part compatibles avec l'identifiant EPC qui, lui, suit ces travaux de l'ISO. De nombreux secteurs de l'Industrie et de la Santé y participent aussi, et en particulier les groupes EDI européens d'origine, comme Edifice pour l'électronique,  Cefic (chimie) ou Odette, du secteur de l'automobile, qui utilise la RFID, dans la production, ou pour informer le con-ducteur "haut de gamme" de la pression des pneus.
Si un scepticisme subsiste sur la rentabilité de la RFID et même sur la fiabilité de ses puces pour des emballages métalliques et humides, les grands offreurs, Microsoft et IBM en tête,  incluent la RFID dans leur offre, comme Oracle dans sa gestion d'entrepôt. Et de grands utilisateurs comme Rotterdam, l'OTAN ou les Ports US se préparent à sécuriser le transport international grâce à la RFID. D'où l'urgence de sa normalisation intersectorielle pour le tracking du transport, en particulier en EDI.
 
Le multilinguisme, tel qu'officiel en Suisse, en Belgique ou au Canada, est praticable avec des in-terprètes pour le langage courant. Mais ce recours à des interprètes non-spécialistes est délicat pour le jargon des langages-métiers du global commerce. Elaborés en multiples séances de travail qui ne peuvent s'offrir des interprètes spécialisés dans les n langues représentées, ces langages sont depuis longtemps élaborés en anglais seulement : même l'Edifact Board d'Asie parlait ainsi "anglais onusien", d'ailleurs aussi pour éviter les questions de préséance entre le chinois, le japonais etc.
A charge à chacun des spécialistes, ayant participé à l'élaboration du "jargon anglais", de fournir à ses entreprises une traduction qu'il est, de loin, le mieux placé pour garantir sans "trahison" ! Par exemple Gencod EAN France fournit la traduction en français des libellés anglais mis au point pour la synchronisation internationale des données iden-tifiant les produits. Il faut alors une "bonne" version anglaise de travail, explicitant les non-dits et  contextes de chaque langue, pour que les traduc-tions ne soient pas biaisées par des particularismes perçus seulement par les anglophones.
Mais faut-il, au cours de réunions officielles, faire appel aux interprètes généralistes qui trahiront sûre-ment le "jargon" anglais d'origine ? Un exemple récent : la langue de travail de la Banque Centrale Européenne (BCE) étant l'anglais, son président français, Jean-Claude Trichet, a donc cru être autorisé à s'adresser dans cette langue à une assemblée européenne. On peut supposer que la BCE ne souhaitait pas s'en remettre à des inter-prètes non spécialisés pour traduire son jargon financier anglais. Quitte à entendre un jargon, autant n'en entendre qu'un, non trahi ! Mais les représen-tants français, scandalisés que ce président français n'utilise pas sa langue maternelle, ont alors quitté la salle. Réaction, type Ligne Maginot, sans doute incompréhensible pour beaucoup : en effet, 70% du vocabulaire de la langue anglaise étant d'origine française,  il doit paraître aux Chinois, aux Hindous comme aux arabophones ou hispanophones, bien inutile de maintenir, à grand coût, deux langues aussi voisines comme langues officielles !
 
Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

     B2B et Industrie :
   XML dégraissé :  
     la France peut mieux faire !
 
   ASN1"faste" les Services Web
La Mission pour l'Economie Numérique (DiGITIP du Ministère délégué à l'industrie) publie régulière-ment un "Tableau de bord du commerce électro-nique" (dans le domaine de l'Industrie) dont le SESSI, Service des Etudes et des Statistiques Indus-trielles, vient de diriger la 5ème mise à jour. C'est le B2B, le commerce électronique entre entreprises, qui représente l'essentiel du commerce électronique, à l'instar des Etats-Unis où il représente 93%. En 2003, 95% des PME  françaises de 6 à 200 salariés sont reliées à Internet. En France plus de 50% des entreprises avaient un site Web en 2003, contre environ 80% en Europe. Mais leur site est surtout utilisé pour l'information, 39% l'utilisant pour présenter leur catalogue de produits et 7% seulement pour la prise de commandes en ligne.
Dans l'Industrie, le B2B se développe d'autant plus que l'entreprise est importante, mais la France ne fait pas encore partie du peloton de tête ! C'est le B2B en ligne (achat ou vente) sur Internet qui se développe rapidement, tandis que l'EDI stagne et que le recours au Minitel tend à disparaître. Mais le poids de l'EDI était, en 2001, encore prépondérant en termes de chiffre d'affaires : 4% des achats sur Internet contre 19% en EDI, et même 32% pour les grandes entreprises avec 75% dans l'automobile ! Mais comme il y a plus d'entreprises pratiquant les ventes sur Internet (8%) que sur les réseaux dédiés EDI (7%), le poids relatif de l'EDI en CA doit, lui aussi, diminuer. Les Services Web (en ligne ou d'appli à appli, type EDI) devraient achever la convergence entre EDI et Internet amorcée par le Web EDI, et l'EDI sur Internet en AS1/AS2.
La vente en ligne (Internet, EDI ou Minitel) se rencontre surtout dans "l'Habillement-cuir" (23%) suivi de l'Agro-alimentaire" (22%), l'Edition-Imprimerie (20%), la Chimie et l'Automobile (18%). Mais en 2002, l'achat en ligne est nettement plus déclaré (44%) que la vente (14%) : d'ailleurs la propension des entreprises à acheter sur Internet (surtout produits "hors production") tranche avec leurs réticences à s'engager dans la vente en ligne. Raisons invoquées par les entreprises, en France comme ailleurs : d'abord le fait que leurs produits ne sont pas adaptés à la vente en ligne et que leurs clients ne sont pas prêts, avant de mentionner la réglementation, la sécurité, les coûts ou la réorgani-sation de la logistique. Lorsque les entreprises se lancent, l'objectif premier est la conquête de nouveaux marchés pour les PME, l'amélioration de la qualité pour les grandes entreprises.
Mais la France, surtout les PME, peut mieux faire !
 
XML a les inconvénients de ses avantages, aussi bien pour les bases de données que pour les Services Web. Le métalangage XML a été conçu pour la clarté et l'interopérabilité, pas pour la concision ! D'une part il est très lourd à stocker et à transmettre car verbeux, notamment en raison de ses balises lisibles par l'homme. D'autre part la vérification et la transformation (XSLT etc.) de ses structures est une charge de traitement, rançon de son interopérabilité, qui pèse notamment sur le mes-saging des Services Web. D'où l'idée de "com-presser" XML, sans trop, pour autant, surcharger le traitement, et des produits XML accelerators appa-raissent. Pour alléger XML en le rapprochant d'une représentation binaire, la syntaxe ASN1 qui existait avant XML a ainsi été envisagée (cf ASN1 pour XML). Mais ASN1 a aussi des avantages et des inconvénients qui se discutent (XMLfr). Quoiqu'il en soit, l'ISO et l'ITU-T proposent des recommanda-tions pour un XML en binaire utilisant ASN1 et des initiatives s'ensuivent. Par exemple XBIS,  ou deux propositions de Sun : d'une part un Fast Infoset pour alléger l'information devant accompagner un document XML, d'autre part un Fast Web Services pour alléger la charge de transfert d'un message.
Un   récent article de Sun présente ces spécifica-tions ainsi que les résultats de tests. Un article de Sun d'août 2003 était plus centré sur sa proposition initiale de Fast Services Web et mentionnait des domaines où les Services Web ne seraient adoptés que s'ils étaient "fastés" : scientific grid computing, messages transmettant les infos RFID et projets de l'Open Mobile Alliance. Les Fast Services Web respectent SOAP et WSDL, pour ne pas perturber les développements et assurer l'intero-pérabilité avec les autres formes de Services Web. D'où la mention de plusieurs occurences de la série X de l'ITU-T : X.694 pour le mapping d'un WSD (W3C XML Schema) en ASN1, puisque XSD est utilisé dans WSDL, X.691 pour PER (Packed Encoding Rules), équivalent de XML, déduit du WSD en ASN1 et X.695 "ASN.1 Support for SOAP, WSDL et XML Infoset" A noter que le schéma en ASN1 et les messages en PER sont utilisés dans les proto-coles internationaux de l'Aviation Civile. 
Ces initiatives et d'autres plus anciennes ont conduit le W3C à installer un groupe pour définir la standar-disation d'un XML binaire moins verbeux. En effet, la clarté de départ de XML n'a pas à être affichable en permanence, et les Services Web se développeront d'autant plus vite que leurs messages auront été "fastés" !
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