Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 87.
 
Comme d'habitude, me signaler par retour de courrier des adresses de nouveaux lecteurs ou votre souhait de ne plus recevoir VendrEDI.
 
"L'EDI est mort, vive l'EDI !" écrit Robert Lemense, agacé que l'on continue de confondre la "fonction" de l'EDI (transmettre automatiquement des données d'une application à une autre) avec le "langage" utilisé pour mettre en oeuvre cette fonction (cf  VendrEDI n°72). Chairman du groupe TBG12 UN-Cefact "Accounting and Audit", Robert Lemense manifestait de cette façon son exaspération à l'encontre de l'antienne selon laquelle XBRL (langage métier XML du reporting) va remplacer l'EDI !
 
Avec le même agacement, Dominique Vankemmel a signalé dans le journal "Les Échos" du 24 novembre un article intitulé : "Internet, concurrent sérieux des EDI" !
 
A l'inverse, "01 Informatique" du 8 octobre dernier intitulait-il son Dossier : "Échanges électroniques : l'EDI se rit toujours de XML". C'est plus sympathique, et surtout plus réaliste que d'annoncer la mort de l'EDI, mais cela reflète toujours la confusion entre fonction et langage !
 
Joyeuses Fêtes !
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 
 
 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 87      17 décembre 2004
   Forum Intégration : 
 La synchronisation 
   XML et Services Web pour la SOA
des données de la distribution
A noter d'abord que XML n'était plus mentionné dans le titre de la septième édition du Forum : comme pour l'ASCII ou Unicode, cela va tellement de soi que cela ferait ringard que d'y faire encore référence ! Cette année, le sous-titre du Forum était "Urbanisation et Architecture des Systèmes d'Infor-mation". Et, à part Sun, tous les grands offreurs exposaient, mais eux seuls. Ce qui contrastait avec les très nombreux petits exposants des deux Salons voisins au CNIT à la même date, 24 et 25 novembre 2004 : la "sécurité" ou la "gestion de la supply chain et de la logistique". C'est qu'il ne s'agit pas tant de vendre un produit applicatif, mais bien d'aider les entreprises à atteindre un objectif stratégique : faire en sorte que l'informatique soit "agile" pour mieux servir des métiers en constante adaptation.
Pour Guy Fermon, fondateur des Forums Intégration et toujours directeur, avec Yves Stern, du pro-gramme des Conférences, il s'agissait de montrer comment tirer parti des standards XML, des Services Web et de la SOA (Services Oriented Ar-chitecture cf VendrEDI n°75) pour l'urbanisation des systèmes d'information.
Parmi les conférenciers, à noter la présence de Jean Paoli, ancien normalisateur SGML, co-auteur de XML,  et depuis 1996, responsable de la stratégie XML et de son intégration dans les produits de Microsoft. Pour Jean Paoli, qu'il s'agisse de XML ou de ses dérivés comme les Services Web, les standards existent et il faut maintenant convaincre les directions qu'elles peuvent bâtir dessus.
Et les Tutoriels, comme les Conférences ou les Etu-des de cas du Forum Intégration ont en effet montré que la souplesse de la SOA permet de rendre l'informatique plus réactive à la nécessité pour les métiers de s'adapter en permanence. Cela grâce aux standards, depuis ceux relatifs à l'analyse des processus métiers (BPM) jusqu'à ceux de leur exé-cution (BPEL) avec les Services Web et l'ESB.
Ce à quoi on peut ajouter que cette urbanisation efficace des systèmes d'information internes pourra aisément s'appliquer à l'entreprise "étendue" à ses partenaires : en effet, les Services Web testés en interne peuvent être aussi l'outil des relations exter-nes. Les Services Web pouvant ainsi assouplir et ouvrir l'EDI externe comme l'EAI interne.
 
Début 2005, le réseau mondial EAN-UCC et ses 103 instances nationales doivent se rebaptiser GS1 : donc "GS1 France" remplacera bien "Gencod EAN France". GS s'épelant Global Standard ou Global Solution avec 1 pour montrer l'unicité ou l'universa-lité du standard. Et le fait est que la distribution peut prétendre à la globalité, cf VendrEDI n°75 !
Et le passage à la RFID/EPC, reconnaissance des articles et de leurs conditionnements de transport par radio-fréquence, pour compléter les codes à barres, illustre la volonté de la grande distribution d'utiliser dès que possible toutes les technologies de transmission des données de la supply chain amont et de la logistique associée. Mais rien ne sert d'être performant dans la transmission des données si l'on n'est pas sûr de parler de la même chose : c'est le but de la global data synchronisation (GDS) qui doit permettre de vérifier que clients et fournisseurs ont bien les mêmes données de base sur les produits (cf VendrEDI n°59) afin d'éviter multiples erreurs, confusion, perte de temps et contentieux. D'où le GS1 Global Registry, partant du réseau GDS déjà en place, avec des standards pour les data pools et leurs catalogues de produits. Ce qui aura aussi des effets bénéfiques sur les inventaires, la lutte contre les contrefaçons, les réappros et la productivité d'ensemble. En commençant par harmoniser autour des standards les données internes à l'entreprise sur ses propres produits. Et la synchronisation des données peut être plus ou moins ambitieuse dans l'intégration, l'automatisation et l'adaptation aux besoins des partners comme le montre une étude de  Sterling Commerce.
En Europe des data pools conformes aux standards du GS1 Global Registry et synchronisant les data des catalogues de produits se mettent en place selon deux méthodes. En Allemagne, par exemple, avec un site privé unique. En France, au contraire, Gencod EAN France, pardon GS1 France, a préféré vérifier et certifier l'interopérabilité entre plus d'une dizaine de data pools privés. L'important, étant d'aboutir à la qualité des données avant de mettre en oeuvre RFID, CPFR, EPR etc. Comme le rappelle la devise de VendrEDI,  juste ci-dessous : il faut être d'accord sur le sens des données pour que "le message passe".
 
Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

    Les schémas XML :
 
Ontologie des SW : 
    "un" compliqué ou "n" simples ?
 
  proposition OWL-S au W3C
Après avoir transposé en balises XML son langage métier, créé ses namespaces, défini ses business process et leurs flux d'informations, reste à définir ses messages et le schéma XML qui permettra de vérifier qu'ils sont valides. Mais quel type de sché-ma XML choisir ? Car, même en admettant que les DTD sont dépassées, il y a plusieurs types de schémas : ce serait trop simple, ou trop réducteur et impérialiste, s'il n'y avait que le WXS (W3C XML Schema Definition Language) du W3C ! 
La dernière version du Primer de ce WXS du W3C s'efforce  à la simplicité avec, comme illustration, un
exemple récurrent, tiré d'un Purchase  Order. Des
développeurs trouvent néanmoins depuis longtemps le WXS trop ambitieux, donc trop compliqué. L'ISO/IEC/JTC1 a essayé de prendre du recul en définissant DSDL, Document Schema Definition Language. Eric van der Vlist (XMLfr) a participé à sa mise au point et en a présenté à XML Europe 2004 une overview très claire. DSDL distingue les différents aspects de la fonction de validation d'un document ou d'un message : structure, contenu, intégrité ou règles de business. Cela permet d'en déduire des types de schémas plus simples et plus souples que le WXS, car spécialisés dans l'un de ces aspects seulement. Avec un mécanisme permettant d'avoir une validation complète à partir de plusieurs de ces schémas spécialisés.  Voir la liste faisant l'historique de ces différents types de schémas et de leurs diverses fonctionnalités.
Sans oublier Examplotron d'Eric van der Vlist, on peut surtout citer Relax NG (Grammar-based validation) et Schematron (Business Rule based validation)  qui constituent en fait respectivement les parties 2 et 3 de DSDL. Relax NG provenant d'une proposition d'Oasis. Parmi les autres parties de DSDL, on peut citer la partie 5 relative aux datatypes. cette partie complète Relax NG pour fournir la même possibilité que le WXS de créer ses propres datatypes, mais sans avoir à se bricoler un WXS. Au total, bien que technical specification officielle de l'ISO (pas tout à fait une norme) DSDL a un parfum du "libre" avec son côté foisonnant et refus de l'alignement industriel.
Il reste que les grands offreurs, avec Microsoft en tête, ont investi sur WXS, en le plaçant même parfois au coeur de leurs outils. Alors, émulation W3C-ISO (cf VendrEDI n°71), assez du même genre que le "libre" contre Microsoft and c°  pour faciliter la vie des développeurs ? Mais avec le risque d'inquiéter quelque peu les utilisateurs lambdas devant cette pluralité de boîtes noires ?
 
Avec un copyright de France Télécom, du NIST (standardisation US) et de plusieurs universités et offreurs, les spécifications d' OWL-S (Web Ontolo-gy Language for Services ou Semantic Markup for Web Services) viennent d'être soumises au W3C. OWL-S se présente comme un prolongement d'OWL, prévu pour le   Semantic Web, cher au W3C, et qui est "intended to be used when the information contained in documents needs to be processed by applications, as opposed to situations where the content only needs to be presented to humans".
Les Services Web (SW) étant également "d'applica-tion à application" (comme l'EDI),  OWL-S est donc un apport (cf VendrEDI n°83) au traitement auto-matisé de leur sémantique. La liaison d'OWL-S et de WSDL (Web Services Description Language) est d'ailleurs explicitée, à la fois pour les données et pour les processus des SW, des plus simples aux plus composites pouvant couvrir tous les besoins de l'e-business. De la simple référence aux nomencla-tures de produits utilisées dans UDDI aux scénarios de  la supply chain. Et la soumission d'OWL-S prend soin de se situer par rapport aux autres standards, y compris ebXML.
Ce qui est annoncé avec OWL-S, c'est la fusion prochaine entre l'approche un peu théorique du Semantic Web du W3C pour améliorer avec RDF et OWL la recherche par mots-clés (qui ne tient pas compte des différents sens d'un mot-clé) et le pragmatisme "business" des SW d'Oasis avec Microsoft etc. Dans le cadre de la semantic wave annoncée par Gartner pour 2005, le W3C prévoit d'organiser un atelier sur les Semantic Web Services qui pourrait déboucher sur un projet de framework ayant une souplesse et une eXtensibilité bien  supérieure au framework d'ebXML : l'archi-tecture des liaisons possibles entre les Core Com-ponents ebXML est fixée par la CCTS, alors qu'avec RDF, OWL-S peut évoluer suivant les besoins des langages métiers et l'adaptation rapide au business. Cf VendrEDI n°71.
Et il faut admettre que si le trade a été à l'Onu avec Edifact, le premier à proposer un outil à vocation universelle pour l'échange électronique de données automatisé, c'est aujourd'hui les instances d'Internet et du Web qui sont en mesure de proposer une approche universelle : s'il doit y avoir un U, ce sera plutôt celui d'un réseau de répertoires UDDI que celui d'UBL ! Et les Communautés EDI, socle des échanges B2B, n'ont pas intérêt à s'isoler du mouvement des SW.
Ce numéro 87 de VendrEDI a été adressé à 1360 abonnés      Pour écrire    
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