Bonjour,
 
Ci-dessous VendrEDI n° 97.
 
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Bonnes vacances aux aoûtiens !
 
Cordialement
 
Claude Chiaramonti
 
 
 
 
   VendrEDI   lettre de Claude Chiaramonti
 sur les données de
l'échange électronique
           Numéro 97     22 juillet 2005
    XML et Microsoft :
 eBusiness français :  
      Jean Paoli à l'honneur
     normaliser ses pratiques ?
XML est né du travail d’une poignée d’experts de la communauté SGML, dont faisait partie Jean Paoli qui a travaillé à l'INRIA et est maintenant directeur de XML chez Microsoft. L’association IDEAlliance dont l'objectif est d'encourager le développement des standards informatiques, a remis en novembre dernier la XML Cup 2004 à Jean Paoli pour sa contribution à la création du standard XML au W3C. Robin Cover d'Oasis et éditeur de The Cover Pages, l'a reçu également.
"Nous sommes enchantés que Jean ait été honoré par la XML Cup " a déclaré Bill Gates, président de Microsoft et architecte en chef des logiciels chez Microsoft, "Jean a conduit le mouvement qui a fait de XML un élément phare de nombreux produits Microsoft, comme Office et Windows ; il a aussi établi les fondations de l’intégration entre des systèmes qui exploitent les Services Web en XML".
Avec Jean Paoli, la co-signature de Microsoft figure au bas de la plupart des propositions au W3C de standards accompagnant XML : namespaces, XSL, XSLT, schémas etc.  De même que pour les stan-dards des Services Web (SW) basés sur XML : SOAP, WSDL, UDDI et la gamme WS-*.
L'objectif stratégique de XML étant de lever les barrières à l'interopérabilité au niveau des données, Microsoft a aussi été pionnier de l'implémentation de XML au coeur de ses produits comme .Net.
Office 2003 contient ainsi un jeu de schémas XML "ouverts" pour ses outils bureautiques de base, Word, Excel ou InfoPath pour les formulaires. Cette ouverture étant une garantie d'interopérabilité, bien que certains voient là une nouvelle manifestation de la volonté d'hégémonisme de Microsoft.
En tout cas, pour Jean Paoli, français pionnier de la normalisation, l'interopérabilité des schémas secto-riels "métiers" passe bien par le respect du schéma officiel WXS du W3C et par le recours aux SW. C'est ce qui devrait permettre à XML d'être un outil de terrain, et en même temps d'offrir un cadre pour les mappings entre langages concourrant au même business, garantie contre la "babélisation". Et la SOA (Services Oriented Architecture), basée sur des SW utilisés à la fois en interne et en externe, ne peut que conforter cette interopérabilité totale voulue par tous, Microsoft en tête.
 
L'electronic business group (ebg) est une associa-tion des grandes entreprises françaises, près d'un millier, qui est soutenue par Microsoft, et s'étend en Europe. L'ebg vient de tenir son AG, avec ministres et PDG, au cours de laquelle Patrick Le Lay (TF1) a été élu Président, François-Henri Pinault, prési-dent sortant, restant administrateur. L'ebg traite de tous les aspects de l'e-business avec des commis-sions B2B très actives comme le montre le site de la
revue de l'ebgElenbi Stategic Review, en  français et en anglais. L'ebg traite aussi  de dossiers très généralistes et stratégiques, par exemple  la straté-gie générale des constructeurs automobiles, sans que l'e-business y soit forcément l'aspect dominant.
Mais, bien que l'Afnor soit membre de l'ebg, il n'y a guère de participation organisée aux activités normalisatrices, même si la version papier de la revue de l'ebg comporte un e-Business Standards Corner. Car le discours selon lequel normes et standards ont une importance stratégique pour les offreurs et les utilisateurs de l'e-business n'est plus convaincant : le retour sur investissement n'y est pas assez évident pour les entreprises !
Quelques grandes entreprises françaises comme France Télécom, ou l'INRIA, pilier maintenant indirect du W3C, continuent à participer à la mise au point de standards structurants du côté offreurs.  Mais guère de participation de représentants des utilisateurs à la standardisation du Semantic Web (Total ?), ou des Services Web, qu'on peut voir comme les systèmes nerveux à venir, à la fois du B2B et de la SOA interne. Cela concerne, certes, des outils techniques valables pour le monde entier ; mais aussi des standards de contenu, pour les business process ou la sémantique des langages-métiers qui seront d'autant plus facilement utilisés que les entreprises y reconnaîtront leurs pratiques.
Ces standards de contenu, comme les schémas XML sectoriels,  s'élaborent sur le terrain, dans des groupements d'e-business internationaux. Mais ne  ne faudrait-il pas que ces standards bottom up plutôt anglo-américains tiennent compte du contexte réglementaire et culturel commun à tous les membres de l'ebg ? C'est le rôle de la normalisation officielle à laquelle l'ebg intersectorielle pourrait contribuer.
 
Pour que "le message passe" il faut être d'accord sur le sens des données   Petit Glossaire du B2Bfr

   SOA pour les PME 
 
 DGI hors-normes ? 
    Un SI de services pour le métier
 
 pourtant la norme simplifie !
La SOA (Services Oriented Architecture) est-elle réservée aux grandes entreprises qui tiennent à combler sans "coder" les fossés séparant les diffé-rentes applications de leur SI foisonnant ? Les PME doivent-elles se contenter d'un ERP (progiciel de gestion intégrée) conçu pour articuler de manière rigide les quelques fonctionnalités de leur gestion ?
Les PME sont concentrées sur leur coeur de métier et n'ont pas l'intention d'essuyer les plâtres avec des technologies de pointe. Ce n'est donc pas parmi les PME que la SOA, l'ESB (Enterprise Service Bus) et ses Services Web (SW) seront implantés en priorité ! Et pourtant ces outils sont particulièrement bien adaptés aux PME. D'abord la SOA est une approche pragmatique qui part de l'existant du SI : les applications existantes n'ont qu'à comporter des endpoints, points d'entrée des messages provenant ou destinés aux autres applications. C'est le début du loose coupling,  la relation lâche qu'offrait déjà CORBA par exemple, pour relier les applica-tions qui doivent échanger des données : les modifs d'une application ne se répercutant pas sur les autres mais seulement sur les messages. Et pour tester le concept, on peut démarrer avec des messages REST basiques (cf. VendrEDI n°89) avant de passer à l'ESB, SOAP-WSDL et les SW proprement dits. L'objectif, souplesse, réactivité aux changements du business ne pouvant que répondre aux besoins des PME comme des très grandes entreprises internationales.
Mais même en démarrant prudemment, une aide extérieure est le plus souvent nécessaire à la PME : c'est ce qu'IBM, par exemple, essaye d'organiser avec son récent PartnerWorld Industry Networks 
visant à faire relayer par le plus possible de SSII proches des PME ses produits et services SOA. En choisissant le périmètre de départ le plus appro-prié, la PME peut ainsi être aidée par une SSII pour se rapprocher progressivement d'une architecture plus souple et réactive envers les métiers de l'entre-prise. Naturellement, ce qui reste à la charge des PME c'est la réflexion sur son métier pour identifier les "services" qui devront être mutualisés entre les applications, éventuellement remodelées autour de ces services. Sans vouloir trop rêver, l'idéal serait la formalisation de la sémantique métier de la PME qui permette de coder ensuite des outils de management du SI, par exemple avec un registre des services et des processus SW. En tout cas, pour adapter la SOA aux PME avec l'approche d'IBM : voir grand et réaliser petit à petit !
 
La DGI avait été en pointe dans l'application de la circulaire Juppé de 1997 demandant aux adminis-trations d'appliquer la norme Edifact dans le B2A. A l'inverse, aujourd'hui, pour le contrôle fiscal, la DGI se refuse à accepter des messages Edifact ou XML, et même les jeux de caractères normalisés !
Dans le cas de formulaires informatisés (EFI), cela peut obliger les PME à ressaisir manuellement les données déjà informatisées de leurs déclarations, TVA ou autres, dans le format exigé par la DGI. Et dans le cas d'une copie de fichiers des grandes entreprises ou des cabinets d'experts-comptables, le Livre des Procédures Fiscales prévoit des modalités d'échange basiques, peu coûteuses, et le plus possible indépendantes des environnements des entreprises, alors que les grandes entreprises pratiquent, en majorité, Edifact et/ou XML pour leurs échanges B2B. Revenir à du basique pour le B2A est donc très coûteux justement ! En fait, la véritable raison de ce souci du "basique" est de prendre en compte les limites des outils utilisés par la DGI qui, eux, sont restés basiques et ne suivent pas l'évolution technologique des entreprises.
Pour les jeux de caractères, la DGI, ne demandant que des déclarations en français, pas en cyrillique, ignore les nouvelles normes, permettant de repré-senter toutes les langues européennes ! Certes, mais l'UTF-8, issu d'ISO 10646, recommandé par l'IETF pour les protocoles d'Internet, est le codage de base de XML et devient donc le jeu de caractères le plus courant dans les entreprises. Là aussi, transcoder serait une charge inutile et coûteuse. Par exemple, pour la DGI, le signe d'une somme en est le 1er caractère à gauche, alors qu'en XML il est séparé de la somme. Les caractères accentués sont bien pris en en compte en XML, pas en ASCII etc.
Pourtant, le respect de la norme est l'un des pre-miers moyens de simplifier les transferts informa-tisés de données entre les administrations et les entreprises, ce qui reste une priorité de l'action gouvernementale. Et sous-tend l'action de l'ADAE (cf. VendrEDI n°94) et de ses recommandations aux administrations qui portent notamment sur le recours à XML. Pour la DGI, au contraire, si les normes et standards utilisés par les entreprises ne sont pas directement exploitables par ses logiciels, c'est aux entreprises de se conformer à ses outils "propriétaires" ! Pourtant, la loi Madelin dit que l'Administration ne doit pas reporter sur les entreprises le coût de sa propre complexité ou de son incapacité à faire !
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